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Mercredi 6 mai 2009 3 06 /05 /2009 17:22



La chambre d’Alex était encore déserte, plus obscure cependant. J’ai redéposé sur le lit tout ce que j’avais pris, et le dessin, sans trop le mettre en évidence. Il n’ y avait personne à l’étage. Maman, Gabrielle(sa mère) et Stéphanie (ma soeur)étaient rassemblées au pied de l’escalier comme des conspiratrices.

 « Alors ! s’est exclamée Stéphanie d’un ton désagréable, c’est maintenant que tu réapparais ?
- Ben ouais, lui ai-je répondu sur un ton de défi, qu’est-ce qu’il y a ?
- Ces petits cons, ils lui ont bousillé son avion. » Stéphanie a attendu pour voir quel effet sa déclaration fracassante me faisait. J’ai eu l’impression de faire une chute de quinze mètres.


«  Quoi ? … Mais comment est-ce qu’ils ont pu ?
- Ils ont voulu le faire « voler », m’a-t-elle glissé en confidence comme si elle savourait son récit, contre les murs de l’atelier !
- Le museau est tordu et le plastique du cockpit s’est brisé a dit Gabrielle d’une voix tremblante. Clément m’a aussi parlée d’une jointure endommagée à l’aile droite, mais je n’ai pas tout compris.
- Où est-il ? ai-je balbutié
-Il est parti avec son père  et le tien à Valenciennes. Clément a là-bas un ami maquettiste qui pourrait peut-être leur arranger ça. » Je devais être pâle comme un linge car elle m’ont proposé de m’asseoir au salon avec un sirop ; mais je suis partie dehors. Stéphanie m’a suivie, d’un pas décidé. Je sentais derrière moi sa présence irritante et ses chaussures crissant sur le gravier. La bonne aubaine pour me provoquer :


«  Tu retournes à ton arbre ?
- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?"
Elle m’a saisi l’épaule. Je n’avais pas peur d’elle. Deux mois plus tôt, je lui avais collé un pain mémorable dans une chambre d’hôtel que nous étions obligées de partager.


«  Laisse-moi, tu es heureuse de ce qui arrive !
- En effet, a-t-elle fait en souriant, cette histoire va faire comprendre à Alex tous les ennuis que tu lui causes ! »
Je me suis retournée.

 « Tu peux m’expliquer ?
- Bien sûr, l’avion ça lui a fait de la peine, c’est vrai. Mais le plus dur pour lui, c’est ce qu’il lui ont balancé en paroles ! » en parlant, elle s’approchait tout près de moi, elle avait l’haleine comme vinaigrée et ça me faisait mal aux narines.


«  Ils l’ont traité de fille, a-t-elle jubilé. Ils ont dit qu’il passait ses journées à lire des bouquins et à jouer avec une fille. Donc, ils l’ont traité de fille et ils ont fait des voix et des gestes qui voulaient dire plus.
Si tu n’étais pas toujours collée à ses basques, il n’aurait pas ce genre d’ennuis ! »


Je ne disais rien. J’observais mon gros orteil qui devenait blanc à force de le recroqueviller sur la semelle de ma sandale. Jusqu'à ce qu'il soit vraiment, vaiment tout blanc...
Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'enfance - Communauté : trop dure la vie....
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