"Si Amélie Poulain aime briser la croûte d'une crème brûlée avec la pointe
de la petite cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint Martin et plonger la main dans un sac de grains, nous avons tous et toutes des petits plaisirs qui n'appartiennent qu'à nous et nous
redonnent du baume au cœur.
Quels sont, comme Amélie, les trois petits plaisirs qui vous redonnent le baume au cœur?"
Trois petits plaisirs, héhé, mais c'est qu'il va falloir faire un choix, déjà respecter les
convenances chers amis, ce qui opère un tri considérable...
Mais je ne me défilerai pas, même si comme l'indique le titre, ma petite prédilection en société consiste à être faux-cul, oui, mais suffisamment pour que cela se voie...
Ca me convient très bien, diront les mauvais esprits; les occasions d'être vrai-cul étant somme toute beaucoup moins nombreuses malheureusement, on n'a que le plaisir qu'on se donne et je me
donne celui-là depuis bien longtemps déjà...
Cette affabilité extrême qui par principe est la mienne s'est d'abord exercée à
l'école, comme pour beaucoup de faux-culs de mon espèce c'en est bien sûr le premier lieu d'apprentissage.
Comment donc pouvais-je échapper aux punitions lorsqu'en cours mon seul et unique objectif était de m'affaler sur mon voisin de table, à plusieurs reprises souvent , il est si délicieux de
s'adonner au comique d'acharnement lorsqu'on s'ennuie un peu...
J'avais droit à un "Oh, Lewis, ça suffit s'il vous plaît..." amusé de la prof, tandis que des camarades plus "brut de décoffrage" se faisaient punir pour de bien moindres incartades auxquelles il
m'arrivait de les encourager!
Le faux-cul le plus efficace est celui qui adore se prêter à ce jeu en présence d'une autorité dont il force ainsi la bienveillance. L'humour est une telle arme!
Plus tard, c'est au travail qu'on peut s'offrir cette inestimable distraction en présence des supérieurs hiérachiques. Ainsi, j'ai le souvenir d'un été où je bossais comme saisonnier dans une
compagnie d'assurances à Bristol. L'équipe avait sa petite salle de repos, médiocrement équipée pour prendre quelques collations; mais après plusieurs tractations nous avions fait l'acquisition
d'un équipement neuf.
Et le jour même, ma "chef" débarque toute de blanc vêtue dans un ravissant ensemble Chloé acheté à Paris, tout blanc et vaporeux; visiblement elle en était très fière, d'autant plus fière qu'elle
s'attirait les regards jaloux de ses subalternes féminines.
"Ooooh, lui dis-je avec le plus admiratif des sourires Ultra-brite, mais quelle délicate attention, de porter aujourd'hui une si délicieuse tenue... Assortie à notre nouveau frigo!!!"
Cela pouffe en coin, mais sans tarder je me prends un gros dossier sur la tête!
Et à l'issue de ma saison, je pars avec un rapport écrit très élogieux ( si, si vraiment!) sur mes activités et ma capacité à travailler en équipe...
Mon deuxième petit plaisir est assez lié au premier puisque j'ai une certaine satisfaction à me faire traiter d'enfoiré. C'est vrai, ne haussez pas les épaules, et considérez bien la
situation...
Lorsque que quelqu'un vous gratifie de ce joli participe passé, c'est bien souvent parce que vous même venez de le mettre, d'une manière ou d'une autre et qu'il l'avoue par cet élégant cri du
coeur. D'ailleurs, pour ceux à qui cela arrive, n'accueillez-vous pas l'"insulte" par un grand éclat de rire?
Voilà madame Immuable, j'ai bien travaillé, n'est-ce pas? Et ma couleur de police, à moi, ne fait pas mal aux yeux, n'est-ce pas encore????
Oui, oui, j'en conviens, il manque le troisième plaisir. Parce que tout simplement j'aimerais qu'il soit commun avec Charlotte; et n'allez pas imaginer des choses, nous partageons beaucoup de
petites joies quotidiennes, à commencer par ce blog, depuis presque six mois, déjà...
Pour finir, permettez que votre serviteur vous salue tous bien bas, mais assez vite cependant. Il n'est pas téméraire, non plus!
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