Mardi 18 août 2009
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Avez-vous remarqué combien, en amour, les paroles sont souvent bien en-dessous
des gestes?
oui, oui je sais, l'inverse existe aussi, mais c'est plus rare, et heureusement, car si les gestes sont moindres que les paroles, aussi sincères fussent-elles, ça ne peut pas durer bien longtemps.
Enfin en ce qui me concerne, désolé...
Non, souvent c'est le corps qui parle le langage de la passion, quand les mots, eux, semblent convenus et usés. D'ailleurs souvent il vaut mieux ne pas parler, et c'est moi, l'incorrigible bavard
qui vous dit ça!
Mais le corps est trompeur, même pour une nuit il peut vous servir des tirades enflammées et se réveiller le matin dans l'oubli presque total de ses emportements.
Somme toute, ce grand degré d'intervalle entre les gestes et la parole , c'est le piment de la vie. Il vous fait espérer ou craindre; ou de perdre ou d'être enchaîné malgré vous, mais jamais il ne
vous laisse dans l'ennui.
Ca vous étonnera peut-être, mais Al n'est pas un grand bavard. A l'écrit, peut-être mais autrement il économise sa salive. La hantise de ne pas trouver le mot juste je crois. Ou d'être trop faible,
ou trop exagéré. Il s'est gentiment proposé de me ramener quand nous avons quitté Vlad. Ben ouais, j'allais quand même pas prendre le métro!
Et à cette heure-là, la circulation est souvent difficile pour regagner le centre...
Je me demandais bien pourquoi il portait une attention aussi soutenue à son compteur kilométrique, alors que nous étions le plus souvent obligés de rouler au pas.
C'est la pièce qui m'a donné un excellent sujet pour lancer la conversation. Al, il lui faut des dérivatifs, intellos de préférence. Alors que dans le fond, il pense aux mêmes trucs que tout le
monde, hein. Arrête ton char.
Héhé, il la connaissait bien la pièce, et aussi la pathologie de mon personnage, ça me fournissait le meilleur des prétextes pour le
garder un peu chez moi...
Mon appartement est bordélique, je sais, mais il est grand. Quand Il m'a dit que cet endroit lui plaisait beaucoup, j'ai su qu'il ne me mentait pas. Et elle ne trompait pas non plus, la manière
dont il a lancé son sac sur le canapé, et dont il s'est précipité au balcon pour aller fumer (aaaargh, trois bonnes heures au moins sans nicotine, vous vous rendez compte? Surtout avec ce stress
tout nouveau...)
La clope d'Al, c'est un truc sacré. S'il ne vous invite pas à le suivre, laissez-le seul. C'est dans la fumée silencieuse qu'il médite, et qu'il échafaude...
Après il reviendra, et il sera toute ouïe. Même amoureux, il a besoin de ses plages de solitude.
Pas très convenu, me direz-vous, un mec qui prétend vous aimer et qui ne vous saoûle pas de baratin. Mais bon sang, ça repose. Et les grands univers ne s'ouvrent pas d'office. Ils viennent à vous,
en prenant le temps qu'ils veulent.
Et là, la partie devient délicate; qu'est-ce que ça veut dire "comprendre". Eh bien, par l'étymologie peut-être "prendre avec soi", pour "contenir en soi".
En anglais, vous le savez c'est "under-stand".
Ben moi, stand-under, ça me convient.
Par lewlotte
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Publié dans : Un petit frisson?
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