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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 22:49


La nuit vient, et la faune apparaît. Même si, au Maroc, la voix commune le réprouve, le sexe entre hommes "se pratique dans les faits". Très souvent, il se monnaie dit l'Icare voyageur (Marrakech, où le mâle m'a dit: la Mort!  Chris-Tian Vidal)
Qui pose sur ces hommes monnayables un regard trop appuyé devient objet de convoitise; pour l'argent et s'il se refuse, à consommer ou à payer, les couteaux sortent, c'est la bagarre.


Au maroc l'homosexualité est interdite par la loi, cela ne veut pas dire bien sûr qu'elle est inexistante. Alex me disait lui que les mecs avaient entre eux des manifestations d'amitié viriles très fortes, avec de vrais gestes de tendresse stupéfiants pour nous autres européens. Les filles étant défendues, tenues à distance, presque étrangères; les rapports avec elles sont compliqués.


Entre mecs, on a une affection démonstrative, qui ne pense pas forcément "à mal" ( c'est l'expression d'Alex); quelque chose de primordial, de fusionnel qui participe de cette sensualité naturelle et presque innocente.

"Je ne pourrai pas oublier le hammam Majorelle et la beauté des visages des jeunes hommes arbes, s'y nettoyant avec une sensualité et une minutie à rendre fou." écrit Icare, écrit Chris-Tian?

Les petites frappes cupides et malpropres, le cérémonial des caresses fraternelles au hammam, un beau marocain francophile rêveur, bien habillé sur le bord de la route où le bus est en panne.



L'Icare qui doit rapporter de l'absolu " cherche un peu de [lui] partout" dans cette sensualité masculine qui affleure à chaque détour.

C'est ainsi que le voyage aussi se fait analyse, quand les lieux ont une chair, brûlante, quand les lieux impriment le frisson du danger, quand les femmes noires toutes voilées de mort rappellent à Icare sa propre mère et que les traumas enfantins remontent à la surface.


Ainsi les lieux existent-ils par le souffle, l'épiderme et la sueur.
Et ce qu'on en ramène?
Un carnet, peut-être, tout cousu de fantasmes, et d'élans, et de découvertes, mais aussi de souvenirs rappelés et de cette aspiration à fuir par le mouvement dans un lieu où le mouvement lui-même s'annule.
Quelque chose comme un centre immobile et révélateur, autour duquel l'univers s'agence, comme sur le tertre de Tian-Tan, autre émotion ramenée d'un autre voyage.

Tiens, cela m'y fait penser, mais il faudra que je vous parle un jour d'un autre personnage, de roman celui-ci. Un officier anglais fait prisonnier dans une forteresse en Hollande, en pleine guerre de 14, qui est heureux de cette captivité car elle lui permet d'atteindre la même immobilité consciente et primordiale que "le moyeu au centre de la roue".
Ce jeune philosophe brun s'appelle Lewis Allison, et une femme l'a tant admiré qu'elle a donné son prénom au drôle de fils qu'elle attendait...

J'en parlerai en son temps, mais pour l'heure, si nous retournions encore à Marrakech?
Cliquez sur le livre....


Par lewlotte - Publié dans : Un petit frisson? - Communauté : Homo sensualité ..
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