Presque par surprise, le sommeil les avait pris tous deux . Leurs corps relâchés s’étaient effondrés au creux du lit, dans cet œuf tout chaud d’étreintes et de caresses, entre le matelas profond et la tendresse protectrice
de l’édredon. En sécurité l’un avec l’autre, après les retrouvailles, après l’amour convulsif absolu comme à chaque fois, ils avaient senti leurs jambes nues se dénouer, leurs lèvres encore
gonflées et palpitantes se quitter, leurs paupières battre et mêler leurs cils avant de se séparer et ils étaient retombés côte à côte, paisibles,
dans une écume douce et blanche de coton.
Lewis s’était endormi sur le côté, offrant son visage , un bras étendu au-dessus de sa tête et les jambes allongées à l’oblique vers la lueur de la fenêtre. Son souffle de plus en plus ténu
baignait encore le visage d’Alex, couché sur le dos, tout à l’abandon, comme enchanté, et stupéfait.
Les bourrasques neigeuses s’écrasaient avec fureur contre leurs volets fermés, y frappaient en poussant des bâillements rugis, et rageaient d’impuissance. Pendant que les couples conventionnels
tournaient le thermostat de leur chauffage, empilaient les couvertures sur leurs jalousies, sur leurs amertumes ; eux dormaient comme ces nouveaux-nés qui resserrent leurs poings sur
l’onctuosité des rêves, au chaud dans la température de leurs deux corps.
Derrière les yeux clos d’Alex ondoyaient les dunes infinies, ocres, étincelantes sous un soleil ovale et gigantesque. Mais, lorsque sa tête bascula sur le côté, hors de ce que
respirait Lewis, une brume s’abattit et le paysage devint comme en Espagne, entre Madrid et les sierras andalouses. L’air y était tout tremblant du soleil qui ruisselait et l’on sentait la basse
continue de millions d’insectes soulever l’horizon aride. Alex avait arrêté sa voiture au bord d’une route déserte, au bitume surchauffé ; et, affamé s’était mis en quête de ce qu’elle avait
acheté à la sortie de Madrid.
Elle ? Une fille qui faisait avec lui la traversée du pays, pas immense, très mince, les cheveux d’un roux artificiel jusqu’au creux du dos. Un vieux souvenir. Pourtant, c’était elle qui
faisait la route en sa compagnie ; Lew n’était nulle part aux environs. Il avait hâte de le retrouver, peut-être de l’autre côté de la Méditerra
née et en attendant, il était en voyage insolite avec elle. Dans le champ d’oliviers clairsemés qui bordait la route, elle se déhanchait en faisant tourner ses bras,
et l’on apercevait parfois la chute de ses reins au-dessus de son jean « seconde peau ». Quelle drôle de partenaire…
Alex mordit à belles dents dans son sandwich improvisé au chorizo, mais aussitôt l’écoeurement lui monta à la bouche ; c’était chaud, adipeux, piquant ; comme si de grosses boules de graisse lui éclataient au fond de la gorge, et il eut envie de vomir. Il porta la main à son ventre où se lovait un long serpent de répugnance, elle revenait vers lui quand il lança l’en-cas à peine entamé au beau milieu du champ.
« Tu nourris les petits chats espagnols ?
Bonne journée
@mitié
Covix
Cela dit, il n'est pas blanc comme l'affirme Charlotte mais rouge bordeaux et uniquement de service quand les froids rigoureux sont de sortie!
Pour le reste, Alexis, c'est un rêve, et les rêves sont absurdes.
Et que fait notre pinailleur masqué dans le rétro;) ?
Je te comprends car ma prof c'est tiré une balle car j'apprends trop vite et j'ai pourtant une prononciation très spéciale du à mes langues asiatiques.
alors voilà tu n'es pas le seul....
Bravo pour ce don, les langues c'est primordial!
de bon souvenir aussi même si je ne parle pas catalan et que les vrais barcelonais n'aiment pas beaucoup parler espagnol...
Buenas noches ...
ah l'Espagne un magnifique pays mais les Baléares avec Grenada, Majorca, l'andalousie avec Seville, Cadiz quel bonheur ça a du être. Puis le soleil aaaaaaaaaaaaaaaa un rêve.
Buenas noches señor y señora.
Désolé mon espagnol mais j'ai appris la langue en 2petits mois.
Mais le plus dur pour moi c'est la prononciation. J'ai déjà du mal avec le "r" français, alors tu imagines, quand Al et Sebasto ont voulu à toute force me faire dire "El petirojo" (le rouge-gorge, vachement utile pour la ville...) qui contient à la fois un r roulé et un j guttural. Et cette séance de torture a bien duré une demi-heure, sans exagérer!
Ma vie de linguiste n'est pas toujours douce... ;)
Mille bisous ardents, Charlotte chérie.
Alex serait certainement content de savoir que tu cours dans ses rêves, mais je crois que celui-ci, il vaut mieux éviter...
Il n'a jamais été fana de chorizo, surtout celui qu'on ingère dans les snacks au bord des routes.
Par contre, un gaspacho bien frais à la soirée tombante... On dit pas non!
Plein de bisous, Jade.
mais oui, le chorizo, ça va pas etre possible...
Par contre l'Espagne, surtout l'andalousie, ça j'aime...
Souvenirs d'été à Grenade et de ballades à scooter, sans parler des "cuba libre" bus au cours des soirées...
Belle fin de journée et de weekend
V.
Mais je crois que toi aussi tu y as vécu de fort belle choses Tu nous raconteras?