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Dimanche 4 octobre 2009 7 04 /10 /2009 12:18


Presque par surprise, le sommeil les avait pris tous deux . Leurs corps relâchés s’étaient effondrés au creux du lit, dans cet œuf tout chaud d’étreintes et de caresses, entre le matelas profond et la tendresse protectrice de l’édredon. En sécurité l’un avec l’autre, après les retrouvailles, après l’amour convulsif absolu comme à chaque fois, ils avaient senti leurs jambes nues se dénouer, leurs lèvres encore gonflées et palpitantes se quitter, leurs paupières battre et mêler leurs cils avant de se séparer et ils étaient retombés côte à côte,  paisibles, dans une écume douce et blanche de coton.


Lewis s’était endormi sur le côté, offrant  son visage , un bras étendu au-dessus de sa tête et les jambes allongées à l’oblique vers la lueur de la fenêtre. Son souffle de plus en plus ténu baignait encore le visage d’Alex, couché sur le dos, tout à l’abandon, comme enchanté, et stupéfait.


Les bourrasques neigeuses s’écrasaient avec fureur contre leurs volets fermés, y frappaient en poussant des bâillements rugis, et rageaient d’impuissance. Pendant que les couples conventionnels tournaient le thermostat de leur chauffage, empilaient les couvertures sur leurs jalousies, sur leurs amertumes ; eux dormaient comme ces nouveaux-nés qui resserrent leurs poings sur l’onctuosité des rêves, au chaud dans la température de leurs deux corps.

Derrière les yeux clos d’Alex ondoyaient les dunes infinies, ocres, étincelantes sous un soleil ovale et gigantesque. Mais, lorsque sa tête bascula sur le côté, hors de ce que respirait Lewis, une brume s’abattit et le paysage devint comme en Espagne, entre Madrid et les sierras andalouses. L’air y était tout tremblant du soleil qui ruisselait et l’on sentait la basse continue de millions d’insectes soulever l’horizon aride. Alex avait arrêté sa voiture au bord d’une route déserte, au bitume surchauffé ; et, affamé s’était mis en quête de ce qu’elle avait acheté à la sortie de Madrid.

Elle ? Une fille qui faisait avec lui la traversée du pays, pas immense, très mince, les cheveux d’un roux artificiel jusqu’au creux du dos. Un vieux souvenir. Pourtant, c’était elle qui faisait la route en sa compagnie ; Lew n’était nulle part aux environs. Il avait hâte de le retrouver, peut-être de l’autre côté de la Méditerranée et en attendant, il était en voyage insolite avec elle. Dans le champ d’oliviers clairsemés qui bordait la route, elle se déhanchait en faisant tourner ses bras, et l’on apercevait parfois la chute de ses reins au-dessus de son jean « seconde peau ». Quelle drôle de partenaire…

 

Alex mordit à belles dents dans son sandwich improvisé au chorizo, mais aussitôt l’écoeurement  lui monta à la bouche ; c’était chaud, adipeux, piquant ; comme si de grosses boules de graisse lui éclataient au fond de la gorge, et il eut envie de vomir. Il porta la main à son ventre où se lovait un long serpent de répugnance, elle revenait vers lui quand il lança l’en-cas à peine entamé au beau milieu du champ.

«  Tu nourris les petits chats espagnols ?

Par lewlotte - Publié dans : Le temps des dangers - Communauté : Alexis hayden
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