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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /2009 19:51

 


Alex les toisa tour à tour et fit la moue, avant d’être distrait par l’agitation qui montait devant la porte du Palais de Justice. Ceux qui avaient pu assister à l’audience se frayaient difficilement un chemin au milieu des manifestants agglutinés. Ils avaient mauvaise mine.

 «  La grande brune, là-bas, lança Alex, je la connais. Elle est assistante sociale détachée au CHU. Il faut trouver le moyen de l’accrocher. Tu viens Laurent ?

-  Mais oui, c’est Sam ! Allons la voir… »

 

Luttant contre le courant de la foule maussade qui quittait les lieux, Solveig porta soudain la main à son ventre et grimaça. Charlotte se précipita auprès d’elle .

«  J’ai mal, Charlotte ; il faut que je m’assoie. »

Charlotte réussit à l’entraîner sur une plate-bande où Sol se laissa tomber sur l’herbe. Il fallut peu de temps à Lewis pour ramener Alex qui s’accroupit à leur hauteur.

Solveig reprenait peu à peu des couleurs. « Ce n’est rien, fit-elle à bout de souffle ; un début d’étourdissement. Si Charlotte pouvait me raccompagner chez moi…

-  Tu es sûre ? s’empressa Lewis, tu ne veux pas que nous venions ?

-  Non, non, ça va beaucoup mieux… Quel a été le jugement ?

-  C’est mort, articula Alex d’une voix grave.

-  Comment ça ? s’indigna Charlotte, qu’est-ce que ça veut dire ?

-  Leur demande a été rejetée.

-  Mais pour quel motif ? reprit-elle exaspérée.

-  Quelque chose comme une situation familiale incompatible avec la reconnaissance des enfants. Ne m’en demande pas plus, occupe-toi de Sol, et appelle-nous si ça ne va vraiment pas.

-   Vous allez voir Vlad ? » Alex fixa sur elle un regard surpris.

 

     «  Avant tout, on va se dégrimer. Allons, Charlotte ; bouge-toi un peu ! »

Charlotte s’éloigna, décontenancée par la brutalité de ses propos. Et puis elle vit que Lewis lui aussi restait prostré par terre.

Lorsqu’Alex le rejoignit, il leva vers lui ses yeux mouillés.

    «  Mais nous, sweetheart, nous on y arrivera, n’est-ce pas ?

-  Relève-toi, s’il te plaît.

-  Je voudrais que tu m’embrasses, ici, devant ces cons de magistrats.

-  Ils font leur boulot.

-  Et toi, tu ne peux pas faire le tien ? Continuer à manifester, sur ma bouche ?

-  Ce soir, tant que tu voudras. Mais pas ici. Je veux enlever tous ces trucs. Et puis il faut rejoindre Vlad. »

 

Alex fit quelques pas, mais s’aperçut que Lew ne bougeait pas.

 

«  De grâce, Lew. C’est déjà difficile…

-  Ce soir, je veux aller danser. Et je veux que tu m’accompagnes… »

 

Par lewlotte - Publié dans : le temps des convictions - Communauté : trop dure la vie....
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Commentaires

Bah moi je les embrasse, je vous embrasse pour ne pas pleurer ....
Commentaire n°1 posté par Stephan le 07/12/2009 à 19h39
Oh non, Stephan, ne pleure pas. On finit par gagner, en dépit des lois, à notre manière...
Réponse de lew le 07/12/2009 à 22h15
Emouvant, tout à coup, Charlotte, avec Solveig et son malaise, Lew et le sien, et Alex qui s'oblige à garder la tête froide devant cette débâcle. Quand je te lis, je sais toujours ce que va faire Lew, ou du moins cela ne me surprend jamais, parce que j'ai le même tempérament, tout simplement. Moi aussi, je réclame souvent des baisers n'importe où, mais on ne me les donne pas toujours. Je crois que c'est un peu pour cela que mon cher professeur est là, parce qu'il sait me donner ces baisers tant réclamés et pourtant, il sait garder la tête froide, lui aussi, quand il le faut. Il faut des Alex, pour canaliser les Alices, les lews et compagnie, pour gérer l'urgence et ne pas s'éparpiller, mais se rassembler sur nos importances. Vous ne vous ressemblez pas, mais vous vous assemblez, parfaitement bien, comme les légos, ceux qui s'emboitent, et qu'on ne peut plus défaire. Mille baisers tout doux, et belle journée, jolie Charlotte. Vite, la suite...
Commentaire n°2 posté par Alice le 07/12/2009 à 10h11
En lisant la fin de l’article, en voyant l’air sombre d’Alex et les larmes de Lew je repenssais à une chanson de Renaud : « Société tu m'auras pas. »

« J'ai vu pousser des barricades,
j'ai vu pleurer mes copains,
j'ai entendu les grenades
tonner au petit matin.
J'ai vu ce que tu faisais
du peuple qui vit pour toi,
j'ai connu l'absurdité
de ta morale et de tes lois.
J'ai chanté 10 fois, 100 fois,
j'ai hurlé pendant des mois,
j'ai crié sur tous les toits,
ce que je pensais de toi,
société, société,
tu m'auras pas. »

Bon… à mon avis… elle l’a eu un peu quand même. Il a eu le mérite de l’écrire. L'absurdité de la morale et des lois est un vaste sujet qui perdure.
Commentaire n°3 posté par Alexis le 07/12/2009 à 08h45
Alors quand nous, en de très rares occasions on peut l'avoir, la société, il faut pas se priver! Mais c'est pas tout le temps, malheureusement!!!
Réponse de Charlotte le 07/12/2009 à 22h05
Humm on touche au mélodrame là. Les grandes exaltations lorsqu'elles sont "douchées" comme ça provoquent toujours des réactions inattendues et souvent violentes, comme celle d'Alex
Commentaire n°4 posté par Jeaneg le 06/12/2009 à 21h54
De manière génarale, c'est pas un modèle de patience, le Al... Heureusement que je suis là!
Réponse de lew le 07/12/2009 à 21h56
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