Mardi 27 octobre 2009
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Arcadia Juliette Agnel, Cyprien
Chabert expo de juin- sept. 2008 Château d’Oiron
Elle nous a dit hier soir :"Je ne serais rien sans vous, ou pratiquement
rien..." Alors nous avons posé nos verres et cessé un peu nos ricanements à la con, parce que c'était pas rien, ce qui nous tombait dessus.
On ne voulait pas forcément être "déterminants", c'est une trop grosse responsabilité pour des flemmards. Ca nous plaisait bien d'en imposer un peu à une gamine mais pour ma part je ne voulais pas
qu'elle se sente redevable. C'aurait été s'engager encore plus et moi, tout ce que je voulais en la prenant à la maison, c'était qu'Al l'ait en vue, qu'il soit tranquille, et qu'on puisse vivre
affectivement et sexuellement à plein sans qu'il ait un poids sur la conscience.
L'appartement n'est plus. Ou plutôt Lew l'a vendu, au terme de cette année scolaire mémorable. "Arcadie 1"
est le nom que je lui ai donné après, en y repensant; alors que je m'installais dans mon appartement ancien, blanc et vide du vieux Bordeaux avec des stucs au plafond et une cheminée condamnée au
manteau de marbre. Il me faisait penser en plus petit à celui que nous avions partagé; je l'ai loué tout de suite sans m'interroger plus sur son confort. Et c'est en Décembre dernier qu'ils
sont venus , en "Arcadie 2" me retrouver.
Il n'ya pas de lieu idéal. Ce sont nos souvenirs qui les modèlent.
Ou nos désirs.
Ici, nous avons tendu les murs de noir, mais rapporté nos guirlandes lumineuses de tissu.
T'as raison, l'éclairage ça compte. Et autant qu'il ne soit pas trop cru.
C'est toi qui dis ça, alors que tu as plus que tout besoin de moments crus pour vivre?
C'est vrai, mais la mémoire estompe tout ça et c'est la raison pour laquelle il me faut toujours recommencer. Je sais aussi être contemplatif.
Les choses ont beau être magnifiques, c'est avant tout ton regard qui les magnifie.
Une sorte d'oeil
intérieur répond sans cesse à celui que je laisse traîner sur toute chose spécialement quand je roule en mono par la ville et que je risque à tout moment de me vautrer parce que j'ai le nez en
l'air.
Toutes ces choses je les capte, et ma mémoire les transforme; les façonne, les idéalise. Les silhouettes aperçues et aimées deviennent
personnages de fiction. J'aime glaner les prénoms rares, puis leur donner d'autres corps, d'autres sentiments.
Mais parfois la réalité a des splendeurs, pas toujours franchement apparentes qui m'arrêtent dans ma course.
Ne lasse pas de
faire courir ton regard sur tout ce qui t'interroge, et t'appelle.
Par lewlotte
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