Mais lorsqu’ils arrivèrent devant l’immeuble de Lew, ils trouvèrent Laurent et Vlad à la porte qui les
attendaient. Charlotte eut un instant de dépit. Elle aurait bien voulu s’enfouir sous la couette et laisser son angoisse se défaire. Ils étaient là, peut-être pour plusieurs heures. C’était la
première fois qu’elle voyait Vlad , elle se trouva soudain égoïste. Il était terriblement maigre dans son manteau gris. Malgré tout, c’était un joli garçon, trouvait-elle ; grand, fin,
le visage altier aux pommettes hautes , des yeux d’un gris bleuté en amande, des cheveux blancs qui contrastaient avec la jeunesse de son visage ; un sourire extrêmement doux qu’il envoyait
à Charlotte.
« Voilà donc votre petite muse… » glissa-t-il à Lewis qui recherchait désespérément ses clés dans son baluchon. Et comme c’était apparemment chez lui un travers habituel ; il se
permit une petite perfidie à la Vlad qui fit rire Charlotte, et tous deux échangèrent un regard complice. Mais comme ses yeux se posaient sur Laurent, elle s’aperçut que le petit bonhomme fixait
obstinément son jean encore tout boueux. Elle rougit.
« Tu n’es pas mort de froid, mon pauvre Vlad ? Je vais vous faire du thé, s’empressa Lewis.
- Où est Alex ? s’enquit Laurent.
- Ce soir ? Il a une garde.
- Lew, chuchota Charlotte ; si tu veux je me charge du thé.
- Excellente idée. Tu sortiras aussi le pain d’épices au chocolat noir… »
Charlotte se précipita dans le couloir, et avant d’aller dans la cuisine, elle se dépêcha de passer un autre pantalon. Dans le salon, la conversation semblait gênée, même si Lew avait rapidement adopté son enjouement de façade. Charlotte était encore terrorisée par ce que Lew lui avait demandé d’accomplir ; elle l’enviait aussi lui qui savait si bien se composer… De toute évidence, Laurent et lui ne s’appréciaient guère et s’observaient en coin. Vlad en revanche était adorable et paraissait maintenant détaché de tous ces conflits larvés. La maladie en avait fait un spectateur attentif de la vie des autres, il portait de l’intérêt à tout le monde, même à Charlotte. Elle lui en était déjà reconnaissante et se résolut à gagner son amitié.
Quand elle les rejoignit, ils discutaient plus vivement.
« Nous débattions de l’actualité judiciaire, Charlotte, lui annonça Lewis.
- Crois-tu que Charlotte se soucie vraiment des démêlés juridiques de couples homos ? ricana Laurent
- Mais bien entendu, répondit Vlad qui faisait signe à Charlotte de s’asseoir avec eux.
- Peut-être que Charlotte ne s’est pas encore déterminée, après tout… suggéra Lew, l’œil coquin, dans ce cas notre affaire devrait au contraire la passionner…
- De quoi s’agit-il ? demanda Charlotte, rouge jusqu’aux oreilles, en posant son plateau sur la table.
- Nous parlions d’un couple ami de Vlad, reprit Lew, 
Chloé et Tasmina…
- Ce sont des décoratrices que je connais depuis longtemps, depuis les Beaux-Arts. Chloé arrondissait ses fins de mois en nous donnant quelques cours . A l’époque toutes deux
s’aimaient déjà mais Tasmina ne s’acceptait pas homo et elle voulait fonder une famille. Elle s’est donc mariée, elle a eu trois enfants tandis que Chloé montait son cabinet, une très belle
affaire, et s’enivrait de boulot pour étouffer son chagrin. Puis l’amour a fini par prendre le dessus.
je plaisante c'est un plaisir de te lire à bientôt.
Bisous chocolatés et mentholés!
Oui, Vlad nous manque énormément, on n'a pas su reconnaître sa valeur quand il en était encore temps.
Tes carreaux doivent être bien limpides, maintenant! ;)
Mille bisous
Bisous!
Sinon, vite la suite...
merci pour tous les beaux mots laissés chez moi et belle nuit
Biz V.
Bonne soirée ;)