| Février 2010 | ||||||||||
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- Tasmina a fini par comprendre qu’elle ne serait jamais heureuse si elle se pliait aux conventions sociales, qu’elle avait la chance d’aimer et d’être aimée au-delà de tout ; qu’il fallait revenir à
Chloé…
- Dans ce cas-là, fit Lewis la bouche pleine de pain d’épices, un mari ça encombre un peu…
- Pas pour foutre le camp ; mais pour assurer l’équilibre des gamins… Deux filles et un petit mec qui aura cinq ans cette année. Chloé et Tasmina ont obtenu la garde, non que le mec eût été incapable de prendre ses mômes en charge ; mais il jugeait que si sa femme l’avait laissé en plan, et pour une autre femme en plus ; il avait bien le droit maintenant de s’en payer un peu lui aussi, sans avoir les marmots dans les pattes. Et puis Chloé avait suffisamment de fric pour assumer…
- Jalousie, quand tu nous tiens !
- Ce qu’il ne prévoyait pas, c’est que Chloé développerait un instinct maternel si absolu envers ses enfants et qu’ils se trouveraient si bien avec leurs deux mamans. Alors, il a commencé à taper dans les gamelles, à les harceler au téléphone, à boire comme un trou ; et il a eu un gros accident de voiture qui lui a coûté la vie. Chloé a énormément culpabilisé et tâché de compenser en consacrant toute son énergie et son fric aux petits, si bien qu’au bout d’un moment, Tasmina a jugé qu’ils devaient être considérés comme les siens. Elles ont donc lancé une procédure d’adoption. L’affaire est jugée au tribunal de Grande instance fin Mars.
- Et nous voulons appeler tous ceux qui se sentiraient solidaires à assiéger le Tribunal le jour du jugement, termina Laurent ; nous étions venus pour demander à Al et Lew leur sentiment.
- Mon sentiment, railla Lewis, c’est qu’il n’ y a que moi qui aie le droit de l’appeler Al…
- Mille excuses, répliqua hypocritement Laurent. Nous aurions aimé savoir si vous accepteriez tous les deux d’en être.
- Et peut-être Charlotte, également…ajouta Vlad
- Ca me plairait infiniment, répondit Lew, mais je suis moins sûr pour Al. Idéologiquement, il sera d’accord, c’est sûr, mais c’est le côté "manif bruyante" qui va le rebuter. Jamais je ne pourrais le traîner dans une gay pride. Il a horreur d’être pris pour un phénomène de foire…
- Quel caractère…soupira Laurent.
- Allons, minaude pas, coupa Lewis ; outre sa trèèèès grande taille et ses yeux bruns, c’est bien ce qui t’a plu chez lui, ce tempérament irascible.
- Tu l’as mesuré ? le défia Laurent.
- Je suis un maniaque des mesures… fit Lew avec suavité.
- Arrête là, Lew, s’il te plaît, s’esclaffa Vlad. Alors, il n’ y aurait vraiment pas moyen de le convaincre, Charlotte et
toi ?
- Mais toi aussi, mon tout beau, tu sauras le gagner ; il ne peut rien te refuser.
- Je ne suis pas vraiment adepte du chantage affectif, Lew.
- Moi si. Et à nous tous, on va bien réussir à se le mettre dans la poche.
- Dans ce cas, il faudrait le couper en quatre…intervint timidement Charlotte
- Ca va faire de belles parts ! » renchérit Vlad, tandis que Lewis riait de bon cœur en resservant du thé et que Laurent levait les yeux aux ciel avec un air dépité.
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