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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 17:51

-    Il t’a raconté, ce fameux jour où il est tombé en arrêt devant toi, dans le métro ?

-    J’ai connu ce jour aussi bien que lui. Je lisais dans le wagon et j’ai senti que quelque chose de brûlant se posait sur moi, et j’ai vu ces yeux enflammés qui me regardaient à travers la vitre. J’ai pris peur, surtout lorsque j’ai senti qu’il me suivait dans les couloirs, le hall puis dans la rue. Et en même temps, c’était si bon d’être saisi comme ça ; une vraie montée de lave, et je ne voulais plus échapper à cette présence qui marchait dans mes pas. Lorsqu’il a été sur le point de me perdre dans la foule, je me suis même retourné et là, je l’ai vu tout entier et j’ai su que c’était lui.

A la manière dont son œil suppliant, son grand corps tout bronzé, et sa bouche presque sanglante m’ont coupé le souffle, c’était lui, sans aucune hésitation possible. Et lui, au lieu de venir à ma rencontre, et même si il m’avait embrassé sauvagement au milieu de tous ces gens je l’aurais laissé faire ; il est parti en sens inverse. Alors, je me suis révolté. Ah non ! Il ne pouvait plus m’abandonner comme ça dans un univers dont je n’avais plus que foutre s’il n’ y était pas. Je ne l’ai pas rattrapé, mais à mon tour je l’ai suivi. Jusqu’à chez lui. Il est entré dans la maison comme une furie et ses pas ont martelé chaque étage. Puis j’ai senti qu’il entrait au grenier, la fenêtre du le balcon s’était un peu ouverte. J’ai fait le tour, j’ai remarqué l’arbre, avec ses deux branches pleureuses qui tombaient jusque chez lui… J’ai entendu comme des gémissements chargés de sanglots voluptueux, puis Annabelle l’a interrompu ; et il se sont jeté plein d’agressivité à la figure. Ensuite Clément est arrivé, dans sa voiture. Il fallait que je me cache. L’arbre m’a donné refuge, j’ai grimpé tout en haut pour entendre. Distinctement. Et voir ses lunettes voltiger par la fenêtre du salon. C’est ce soir-là qu’Al s’est révélé. A cause de moi.

-    Ou plutôt grâce à toi.

-    Je n’en sais rien, mais j’en étais très fier, et j’ai vu le bonheur s’ouvrir en grand devant moi. Je n’avais plus le droit de le laisser filer. C’était même une question vie ou de mort.  Alors, je suis revenu dans l’arbre, tous les jours quand je rentrais de Roubaix. Je suis pas parti en vacances, quand j’ai su qu’il restait travailler à Lille. L’imprudent laissait sa fenêtre ouverte, j’ai visité son grenier ; j’ai regardé ses cours, ses photos où tu étais… Tu ne peux pas savoir à quel point je t’ai détestée, parce que j’ai tout de suite compris que tu comptais pour lui.

Et puis je suis tombé sur son livre de chevet, une pièce que nous connaissons bien. A la rentrée, j’ai été contacté par HH .
Nous nous étions déjà rencontrés au Conservatoire quand il a annoncé deux ans plus tôt qu’il venait en résidence à Lille. Pour la
Maison de poupée, il voulait l’aide d’un danseur. J’ai dû lui plaire puisqu’il m’a aussitôt proposé le rôle de Torvald Helmer ; que j’ai refusé, préférant Rank par goût personnel. J’étais fou d’impatience. Et en Août, tu es apparue. J’avais des envies de meurtre, vous sembliez si complices, tous les deux…

-   C’est pour cela que tu voulais m’empêcher de jouer Nora ?

-   Attends un peu, Charlotte, si je te disais que j’ai fait des pieds et des mains pour que tu rentres dans la pièce ?

-   Comment cela ? demanda Charlotte pleine d’incompréhension.


-   Q
uand j’ai connu Sol, elle était en troisième, moi j’étais en terminale à Louis Pasteur. J’ai toujours raffolé de cette fille, si excessivement sûre d’elle en apparence et fragile dans le fond. Elle a aussi tapé dans l’œil d’HH. En écoutant les conversations entre Al et son père, j’ai appris que tu entrais dans sa classe. C’était un miracle. Tu ne refuserais pas de jouer dans une pièce d’Ibsen si on te le proposait. Je n’ai pas eu de mal à convaincre Sol de te « faire engager » ; à l’époque elle a été la seule au courant de mon coup de foudre pour Al.


-   
Vous étiez donc complices ? Vous vous êtes « arrangés » ?

-   Je voulais t’avoir sous la main en attendant d’harponner Al. Mais tu étais tellement timide et si peu assurée que je ne savais pas comment m’y prendre avec toi. Tu m’agaçais prodigieusement, avec cette ingénuité qui te faisait tout obtenir ; même t’enfermer dans un vestiaire de boîte avec Al.

-   C’est effrayant, Lew. Rien ne t’a échappé.

Par lewlotte - Publié dans : Le temps des confidences - Communauté : Homo sensualité ..
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Commentaires

Que de choses me reviennent en mémoire. J’aime bien ces retours et ces explications des épisodes précédents. Il y a longtemps que tu n’avais pas dessiné cet arbre Charlotte. Mais en recherchant l’article : « Inside the tree » je découvre que c’est le même dessin ! J’arrivais de chez Stephan et c’était probablement l’une des première fois que je lisais votre blog et j’étais loin de tout comprendre évidemment ! C’est curieux ces poursuites où chacun est déçu de voir l’autre abandonner. Alex n’ose pas, pourtant, toi, tu l’attendais ! Trop bizarre la vie, avec ces mélanges d’envies, de peurs ou de révoltes…
Commentaire n°1 posté par Alexis le 24/11/2009 à 00h06

Oui, j'ai fait ma feignante, et j'ai repris strictement le même dessin!!! L'occasion de découvrir que peut-être maintenant nous faisons partie des "vieux blogs", mais tant pis! L'histore est longue et fournie, ce qui fait plaisir c'est que de temps en temps certains viennent la (re) découvrir en entier!!!

Merci de cette lecture assidue Alexis, huit mois déjà, si je compte bien????

Réponse de Charlotte le 24/11/2009 à 09h26
Bon, là, il me faut m'asseoir un peu et digérer, non pas mes deux oeufs coque, mais cette lecture. J'allume une cigarette, fine 120 menthol light, comme cela tu sauras tout, ma Charlotte ;) Tout ceci est fort impressionnant et je dirais même stupéfiant. Cette maitrise parfaite de la gestion des choses dont Lew fait usage, toute cette mécanique fabuleusement bien huilée, qu'il met en oeuvre. Je le comprends si bien, parce que j'ai un peu le même penchant, et en ce moment, c'est moi qui tire les ficelles dans tous les sens. Il n'y a qu'un amour passionné et enflammé qui puisse nous faire agir ainsi, une pulsion de vie terrible. Votre histoire me parle et me fait vibrer, je la juge merveilleuse. Mille tendres baisers pour toi, ma si chère Charlotte.
Commentaire n°2 posté par Alice le 23/11/2009 à 13h36
Merci beaucoup Alice, la force et l'énergie que Lew a mis dans cette approche est proportionnelle bien sûr à l'espoir qu'il commençait à mettre dans cette relation. Le merveilleux dans cette histoire est qu'il n'a pas été déçu! Mais j'espère qu'il va vous en parler, ses vingt ans, ça n'est pas si loin...
Réponse de Charlotte le 24/11/2009 à 09h23
Comme des petites choses que l'on vit sois meme certains jours de folie ...
Commentaire n°3 posté par Stephan le 22/11/2009 à 23h41
Alors Lew c'est tous les jours ;) !
Belle journée, Stephan
Réponse de Charlotte le 24/11/2009 à 09h15
wouaaa! Le pot aux roses!Charlotte au services secrets de Lew..tellement secret qu'elle le savait même pas...
Trop fort
Commentaire n°4 posté par Jeaneg le 22/11/2009 à 21h49
Ben voui, il m'a eue sur toute la ligne, et ce ne fut pas la seule fois!!!
Réponse de Charlotte le 24/11/2009 à 09h14
Ils ont beaucoup de chance Al et Lew de s'être trouvés et de t'avoir toi charlotte.
Biz V.
Commentaire n°5 posté par crazyprof le 22/11/2009 à 18h14
Merci Virginie, mais ça n'a pas toujours été simple, malgré tout!
Bonne journée...
Réponse de Charlotte le 24/11/2009 à 09h12
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