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gay

Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 21:54

HUGOChair.jpgNon, tu n'es pas tout à fait parti. D'ailleurs ceux qu'on adore ne partent jamais tout à fait.

Tu ne voudrais pas qu'on en reste au désespoir hépatique, n'est-ce pas, mon tout beau? Tu veux qu'on rie encore, tu veux encore me piéger dans ce rôle qui n'était pas vraiment le mien et qui ne l'est pas resté avec Al, mais que j'ai trouvé bon, avec toi?

Ce qui t'a perdu c'était sans doute cela, cette envie irrépressible par moments de te donner aveuglément, sans songer aux conséquences, sans retrouver la terre.

Dans ma vie, tu es entré comme un éclair et c'est comme ça que tu en es reparti aussi; tu es venu à moi dans ce vestiaire du CCN parce que tu avais aimé la façon dont je venais de danser, simplement pour ça et je n'ai pu en rester à ce cadeau fulgurant parce que mon intelligence grossière ne savait se contenter d'un don de soi aussi impulsif, il me fallait des explications et des prolongements donc je t'ai emmené chez moi.

Mais tu disais déjà que charnellement tu n'étais pas fait pour durer. Je ne voulais pas y croire. Comme Al, à l'époque, j'aurais bien voulu jouer au "sauveur"; mais le sauvetage moral n'est pas un moment de bravoure chevaleresque. C'est un travail long et souvent ennuyeux, de dialogue, où ce que l'on gagne sur le terrain de la confiance, il  faut le reconquérir chaque jour.
Pour des post-ados impatients et un poil égoïstes aussi, c'est rapidement lassant.

Comme beaucoup de dépressifs, tu avais aussi ces moments expansifs plein de créativité. Je me suis toujours demandé si tu ne regrettais pas de ne pas avoir été une femme, on reconnaissait le tempérament du mec sous tes déguisements et maquillages mais tu étais incroyablement beau quand tu te grimais, alors que beaucoup d'autres sont simplement ridicules. Peut-être parce qu'en ces instants tu ne renonçais pas à toi, mais qu'au contraire tu émergeais.

Malheureusement, tu as toujours eu cette fascination pour les vieux friqués pervers et les drôles de mises en scène. Tu me savais trop potache et inconoclaste pour m'entraîner dans certaines soirées. Sauf une, dont j'ai un souvenir ému, oui, oui. Tu aurais bien voulu que nous dansions, que je danse pour ces cons, mon niet a été franc et massif . Je n'ai pas refusé cependant de t'accompagner au piano dans ce grand salon de cette grande maison aux environs de Lille avec pleins de mecs à la fois raffinés et glauques, que tu connaissais tous très bien.

J'aime bien me donner en spectacle, nous avons répété. Quoi? Du Brel, mon ami, parce qu'à cette époque encore plus qu'aujourd'hui, je laissais ma tignasse rousse partir au quatre vents avec sur le haut du crâne des mèches hirsutes brandies comme de fiers médius au nez de ceux qui auraient voulu que je me coiffe...

Vas-y pas Gaston
Arrête de r'muer la queue
Il faut qu'elle s'impatiente...

La chanson, elle me fait toujours rire et pleurer à la fois. On a eu du succès vous savez, surtout quand Vlad, en fourreau de soie bordeaux avec les cheveux tirés et un maquillage à la Denis Bortek des Jad Wio venait à pas félins s'alanguir sur le bord du piano où je jouais, où j'avais un peu de mal à jouer mais j'aimais tant ça que nous étions seuls au monde. 

Vas-y pas, Gaston
Même si elle te signale
Qu'il y en a un autre en vue
Un qui est jeune, qui est beau
Qui danse comme un dieu
Qui a de la tenue
Un qui a de la crinière
Qui est très intelligent
Et qui va faire fortune...

D'ailleurs on n'est pas restés très longtemps à cette soirée. On est repartis danser en ville, avec des restes de maquillages et les amis nous considéraient déjà presque comme le couple de l'année tant cette expérience nous avait réunis. 
Pourquoi ces instants-là ne sont-ils que des étoiles filantes? 

Je ne regretterai jamais pourtant de les avoir vécus, avec toi, et s'il faut garder une image de toi, ce sera celle de la lionne à peine démaquillée dans ma voiture, qui rit superbement, que je désire à l'extrême, et qui a toute la nuit devant elle...
  

Par lewlotte - Publié dans : gay - Communauté : Hétéro-friendly
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 09:21
Sleeping angel
Highgate,  Sleeping Angel.

Petit matin gris, je vous retrouve... Ca fait un bye (Ca c'est une petite faute mignonne que je faisais en arrivant en France) que la feignasse ne vous a rien écrit et s'est éhontément reposé sur Charlotte (pas désagréable de temps en temps...)

Mais elle vous a lu tout de même , bonne adrénaline de Peeping Tom ne saurait mentir!!!
Et tout comme Charlotte je vous vois vous bagarrer, revendiquer et espérer follement. Et vous dire peut-être que ces chsoes que vous désirez si ardemment, il en faudrait si peu pour qu'elles se réalisent enfin.

Stephan, j'ai adoré ton récit et j'en ai aimé la fin aussi, parce que parfois on ne sent pas la réalité assez solide pour supporter que l'imagination touche à l'ultime. Et pourtant, si nous n'avions pas ces créatures idéales qui nous accompagnent et nous font sourire tous seuls comme des cons dans la rue, que deviendrions-nous? Des machines, des médiocres; parce que les désespérés je suis désolé; il ne sont pas médiocres. Souvent même, ils sont sublimes mais la réalité est trop faible, est trop fade pour les supporter.

Comme je suis un indécrottable optimiste, je te dirais qu'à mon sens, des Charles, il y en a beaucoup plus qu'on ne pense. Mais justement, ils se tiennent en retrait, ils attendent, il faut leur faire signe. La grosse marée humaine des bien-pensants normés coule sans voir leurs yeux perdus, avec ces mèches douces qui les balaient, et les légers souffles de vent qui font frémir leurs vêtements autour d'eux. Promesses adorables.

Eux aussi voudraient bien je pense sortir de la solitude, aimer qui bon leur semble, être surpris et surprendre, s'abandonner avec rage parfois. Mais il faut le signe, il faut la confiance et c'est là tout ce qui manque le plus souvent , ce serait facile pourtant à établir, puisque la beauté est là, puisque la douceur est là; puisque le désir est là.
Mais l'on s'attend tellement à être moqué, abusé ou délaissé; puisque la société elle-même nous a condamnés dès le départ.

Alors les Charles passent, amers, emportant avec eux des trésors qui dépériront de solitude. Alors les Vlad s'en vont et avec eux aussi les trésors s'envolent; mais il ne fallait pas les laisser seuls...

C'est curieux Vlad, avec toi je ne me suis jamais senti seul. Combien de fois tu m'as donné ce faible mais inestimable sourire, combien de fois tu m'as fait rire, aux larmes; combien de fois tu t'es offert.
Mais il a bien fallu que je t'abandonne un peu, moi, pour que cela arrive.
Par lewlotte - Publié dans : gay - Communauté : Homo sensualité ..
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /2009 18:16

Je n'ai pas aimé avant toi. Aussi loin que je remonte dans ma mémoire de tout petit mec, je n'ai pas trouvé cette intolérable vibration qui s'est mise en marche dans mon corps, la première fois que je t'ai vu.

Bien plus que ton corps, c'est ton regard qui m'a enchaîné, même si tu n'as pas tout de suite relevé la tête, et que je voyais flou. Dorénavant je mettrai toujours mes lunettes dans le métro... Ou plutôt qu'est-ce que j'en ai à foutre, maintenant que tu es là, de retrouver ce brouillard? je t'y devine, je t'y devine, avec cette chaleur animale qui est un peu la tienne, qui est un peu la mienne. Et nos chairs enfin confondues.

Je n'ai pas aimé avant toi. Je vivais dans l'illusion de la jouissance, je dévorais, je dévorais sans pouvoir trouver un prolongement ce que j'aimais le plus, les regards qui glissent l'un sur l'autre avant de se pénétrer et les fins sourires qui se heurtent. Mais derrière, pas de connivence. J'avais beau fouiller, fouiller ce n'était que mon propre influx brûlant que j'alimentai avec violence, je disjonctais parfois, sans jamais faire mourir vraiment ni mon désir, ni mon angoisse.

J'allais de-ci de-là, je me cognais toujours et curieusement on ne m'en faisait pas le reproche, ou alors je m'en foutais royalement, sans doute . Tous les endroits étaient bons, puis décevants; et j'avais l'orgueil de croire que je servais tout en me servant. Je ne supportais pas que l'on me mente alors que j'étais le premier à me mentir.

Puis tu es apparu et pour la première fois j'ai eu peur de décevoir. Car dès l'instant où je t'ai vu, j'ai voulu que tu prennes, toi aussi. J'ai voulu savoir, par toi, dans une impatience insupportable.
Tu as su me faire attendre, me céder tout en me menant, et m'apaiser au bout du compte.
Lorsque j'ai cru te perdre, je suis devenu fou...
Par lewlotte - Publié dans : gay - Communauté : Hétéro-friendly
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Lundi 28 septembre 2009 1 28 /09 /2009 07:30
Par lewlotte - Publié dans : gay - Communauté : Hétéro-friendly
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