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Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /2010 00:00
Virginie-Crazyprof m'a taguée... Et je dois parler ici de ce métier qu'elle exerce avec passion, et que moi je n'ai pas encore entrepris. Dur...
Alors?

A. Un "bon prof" en 5 mots

B. Ce que les profs devraient apprendre

C. Pour faire un prof... ce qui s'apprend, ce qui ne s'apprend pas

D. Taggez 3 personnes

A. Je ne peux m'empêcher de penser qu'un bon prof doit être exigeant; mais avant tout avec lui-même, sinon, comment pourrait-il exiger quoique ce soit des élèves qu'il a en face de lui? Pour moi qui souhaiterais que mes élèves s'épanouissent dans l'écriture (et beaucoup y sont rétifs, tout en aimant par la suite...) ; je dirais qu'il faut être curieuse, enthousiaste et inspirée pour eux, et par eux. Curieuse car un prof ne saurait être intéressant sans une solide culture générale, et quelques grands penseurs à promouvoir absolument. Mais curieuse aussi pour pouvoir faire face à leurs questionnements qui me dit-on sont souvent déroutants, en dire un peu, mais savoir beaucoup en amont, préaprer les cours dans une conscience enthousiaste de ce que pourra être l'échange, sans s'enticher d'un minutage trop strict comme paraît-il certains inspecteurs le demandent. Etre capable de répondre aux attentes des élèves sans perdre le fil, inspirée et créative pour que l'échange ne se limite pas aux questions-réponses attendues, mais qu'il y ait le plus souvent possible une production commune, qui dans l'idéal ferait sens, avec leur vécu...
Ouch, ça fait que quatre, théâtral(e), également?

B. Toutes les façons de lutter contre la difficulté, et pour ce faire, savoir déjà se mettre dans la peau d'un élève en difficulté. La plupart d'entre nous qui envisageons ce métier ont quelque aptitude il faut l'espérer pour leur matière. Mais il existe entre autres des cours de Français Langue Seconde où les étudiants sont mis face à des textes en serbo-croate par exemple et où on leur demande de se débrouiller! Pour leur inculquer ensuite des méthodes d'approche.
Virginie parlait de la prise en compte  de la dyslexie, délicat, car le diagnostic de dyslexie est bien difficile à poser, et qu'on regroupe souvent sous ce terme des tas d'autres "dys" (orthographie, calculie, praxie...) qui recouvrent des tas de réalités différentes.
Et puis d'autre part, il faut aussi donner à manger aux "précoces", pour qui l'ennui scolaire peut générer l'échec scolaire. En un mot le vrai défi c'est le traitement de l'hétérogénéité. Et là, il faut avant tout être réactif, et en forme!

c. Ce qui s'apprend?
Le yoga, pour être zen devant l'agressivité mais surtout l'imprévu!!!
Ce qui s'apprend par l'expérience, je crois, c'est le regard et la capacité d'écoute. Mais aussi, au fil des ans, ce qui fonctionne et ce qui tombe à plat, enfin statistiquement car on m'a  dit que face à une même activité, deux classes pouvaient réagir de façon diamétralement opposée, mais il y a des valeurs sûres...
Peut-être l'art de la Maïeutique, ou dialogue socratique, qui permet au petit apprenant de découvrir qu'il en sait déjà beaucoup (puiqu'il est capable de raisonner et de réfléchir, enfin on l'espère!)
Un soupçon de théâtralité? (Jouer la colère avant qu'elle ne vous emporte tout à fait, mais aussi avoir les mots pour donner une impulsion à l'échange)

Ce qui ne s'apprend pas...
L'humour et le sens de la répartie, la personnalité. Je n'ai pas aimé , comme élève, les profs qui étaient formatés. Mais j'ai adoré les originaux, ceux qui semblent partir en vrille et qu'on suit volontiers pour se rendre compte après coup qu'on a découvert et appris plein de choses. La capacité à toujours surprendre, aussi?
Je crois que ça s'appelle le charisme, et je doute que ça s'apprenne...

D. Je passerais volontiers le flambeau à Alice, qui a de l'expérience en la matière, et dont je devine un peu les principes pédagogiques très séduisants. Mais aussi Jeaneg, il était comment Jeaneg, tout petit, avec ses maîtresses à chignons ou à nattes? ;)
Euh, Jolies Jambes aussi... Le mister est corrosif, il a sûrement plein de trucs intéressants à dire sur le sujet.
Enfin, si vous voulez bien!

Par lewlotte - Publié dans : ourselves - Communauté : trop dure la vie....
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Mercredi 6 janvier 2010 3 06 /01 /2010 12:15
NEIGE-15.JPGAl et moi n'avons ni frère ni soeur. On dit que les enfants uniques (surtout les fils!) ont des caractères bien particuliers.
Je me souviens d'avoir ressenti, jusqu'à presque vingt ans une vraie jalousie vis-à-vis de mes amis qui se débattaient avec leur fratrie car il était douloureux, ce gros poids d'affectif que je ne savais pas où déposer. Un frère, une soeur me semblaient le lieu rempli d'âme le plus sûr , mais n'en ayant pas, je déposais un peu partout (un peu n'importe où parfois). Et je continue encore aujourd'hui même si la vie avec Al m'a un peu recentré de ce côté-là.

Lui a vécu en gros de six à douze ans dans l'attente d'une petite soeur qui n'est jamais venue. Puis, Gabrielle a quitté son père pour s'enfuir à Barcelone. Mais Al s'était mis à espérer encore... Que là-bas... Peu importait qu'ils ne fussent pas du même père!
Mais il apprit assez brutalement par son père à lui que de toute manière, même avant son départ, elle ne pouvait plus avoir d'enfant.

On reproche souvent à Al d'être taciturne, cassant ; il aurait sans doute eu besoin de contradiction ; d'une petite créature échevelée et riante qui aurait mis le bordel dans ses cours, dont la fraîcheur aurait sans doute apaisé les irritations entre lui et son père.

Je redoute toujours les conversations téléphoniques entre Al et papa Clém'. J'ai souvent droit au haut-parleur pourtant car Al considère "qu'il n'a rien à me cacher"; pourtant je ne peux m'empêcher de quitter la pièce dans ces moments-là... et de revenir écouter à la porte.
Il le sait l'animal.

Et au lendemain de fêtes qu'Al a soigneusement dédaigné de passer à Lille, ça promettait d'être un petit brin tendu...
Oh, pas tout de suite; ils ont quand même le bon goût de faire des introductions et d'attendre avec un ton de gentleman ennuyé qui va ouvrir les hostilités.
Pas trop d'aspérités dans un premier temps donc, Clém' évoque la maison familiale de Haut-Lieu; ça n'est pas à priori un sujet de friction.

Pas à priori... Même s'il y a fort à parier qu'Al s'en occupera beaucoup plus que son père qui l'aurait sans doute vendue du temps d'Annabelle pour acquérir quelque chose de moins grand et dans un lieu moins abandonné des "modes"'et tant qu'à trouver de la neige et de la glace, en haute montagne.
L'a pas osé le père Clém'...

Et Al lui rappelle insidieusement qu'il serait bon de la chauffer un peu au mois de Janvier pour éviter les soucis de chaudière que Charlotte a eu à subir et qui ont ruiné un de ses weekends homo-romantiques aux vacances de Février dernières (on était déjà sur la blogosphère, youhou!!!)
Le froid a l'intérieur des vieux murs peut être bien plus mordant en Mars qu'en Novembre, la pierre profonde a emmagasiné l'hiver et la solitude, c'est bien difficile d'y ramener la chaleur...

Pim, Clément n'attend pas pour lui rappeler que c'est aussi sa maison et qu'il peut tout à fait s'y rendre et l'aider à la plannification d'éventuels travaux.
"Même de déco? glisse perfidement le fils
-Bien entendu" répond avec onctuosité le père.
Et s'ensuit une longue série de suggestions qui ont bien entendu pour but de dissoudre la patte qu'Annabelle a pu mettre dans la maison.

Al rappelle suggère à grands renforts de détours insidieux qu'il était bien inutile d'investir dans une déco aussi convenue-bobo pour décider en fin de compte que Haut-Lieu était un trou paumé où elle ne remettrait plus les pieds.
A l'autre bout du fil, je sens Clément qui grogne et qui selon toute vraissemblance écourterait bien sur le sujet. Je me dis que mon Al n'est pas encore complètement guéri des tentatives d'usurpation menées par son ex belle-mère.

Je crois que nous irons très bientôt nous geler à Haut-Lieu (mais j'adore ça) en compagnie d'une bonne décolleuse à papier peint et d'une bonne bouteille de whisky.
Et ce que nous aimons plus que tout: y aller sur de petites routes verglacées.

Et se régaler de longues "dérapades"!
Par lewlotte - Publié dans : ourselves - Communauté : trop dure la vie....
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Dimanche 15 novembre 2009 7 15 /11 /2009 09:59

Celle du souvenir...
Mon enfance égarée sous les arbres de Haut-Lieu, des récits très lointains murmurés sur ma tête qu'enveloppe déjà l'oreiller doux du sommeil, mon enfance égarée comme une brume fine sur l'humus des sous-bois, et cette terre qui se nourrit de pluie, de feuilles mortes et d'imagination.

Celle du grillage...
Je reparlerai de toi, premier amour derrière ce grillage qui nous séparait, de cette frimousse tachetée et de la boule ébourriffée et soyeuse sur ta tête, de tes seins juste naissants sous le tricot vert rayé de noir. Si je voulais te retenir derrière ce grillage, et avoir pour toi ce regard émerveillé qui me faisait frissonner tout le corps, il fallait que je te raconte des histoires. De mecs conquérants et guerriers qui n'avaient d'yeux que pour toi.
Mais désolée, j'ai toujours préféré les explorateurs aux guerriers!

Celle du personnage...
Je ne vous ferais pas de cours sur la distanciation brechtienne, et ne recommencerai plus sur le Paradoxe de Diderot, c'est déjà fait. Ma raison me demandait instamment de garder mes ou plutôt ma distance avec Nora Helmer, mais l'impulsion de mon corps et les mouvements de mon coeur ont tout fait pour l'annuler, cette distance, alors même que je la jouais devant un public.

Ta distance, Lew...
Celle de la méfiance combinée à cette éducation toute britannique fondée sur la réserve. Celle de l'observateur, et de celui qui explore, justement, avec passion, toute la complexité et la richesse des relations humaines.
La distance d'une politesse mesurée pour mieux faire éclater un talent et une créativité démesurés. Mais rien ne se livrait; je ne savais pas s'il fallait te détester ou t'adorer, et c'est sans doute pour cela que pendant si longtemps, tu es resté si loin.

Et si nous nous rapprochions, Alex , que penserait-il? Où se trouverait-il alors? Rejeté dans la distance?

Car la conquête la plus naturelle de l'homme, n'est-ce pas d'abolir la distance?
Quelle qu'elle soit???

Lew, mon chéri, bon anniversaire....
Par lewlotte - Publié dans : ourselves - Communauté : Alexis hayden
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 10:01

Arcadia   Juliette Agnel, Cyprien Chabert expo de juin- sept. 2008  Château d’Oiron

Elle nous a dit hier soir :"Je ne serais rien sans vous, ou pratiquement rien..." Alors nous avons posé nos verres et cessé un peu nos ricanements à la con, parce que c'était pas rien, ce qui nous tombait dessus.
On ne voulait pas forcément être "déterminants", c'est une trop grosse responsabilité pour des flemmards. Ca nous plaisait bien d'en imposer un peu à une gamine mais pour ma part je ne voulais pas qu'elle se sente redevable. C'aurait été s'engager encore plus et moi, tout ce que je voulais en la prenant à la maison, c'était qu'Al l'ait en vue, qu'il soit tranquille, et qu'on puisse vivre affectivement et sexuellement à plein sans qu'il ait un poids sur la conscience.

L'appartement n'est plus. Ou plutôt Lew l'a vendu, au terme de cette année scolaire mémorable. "Arcadie 1" est le nom que je lui ai donné après, en y repensant; alors que je m'installais dans mon appartement ancien, blanc et vide du vieux Bordeaux avec des stucs au plafond et une cheminée condamnée au manteau de marbre. Il me faisait penser en plus petit à celui que nous avions partagé; je l'ai loué tout de suite sans m'interroger plus sur son confort. Et c'est en Décembre dernier qu'ils sont venus , en "Arcadie 2" me retrouver.

Il n'ya pas de lieu idéal. Ce sont nos souvenirs qui les modèlent.
Ou nos désirs.
Ici, nous avons tendu les murs de noir, mais rapporté nos guirlandes lumineuses  de tissu.
T'as raison, l'éclairage ça compte. Et autant qu'il ne soit pas trop cru.
C'est toi qui dis ça, alors que tu as plus que tout besoin de moments crus pour vivre?
C'est vrai, mais la mémoire estompe tout ça et c'est la raison pour laquelle il me faut toujours recommencer. Je sais aussi être contemplatif.

Les choses ont beau être magnifiques, c'est avant tout ton regard qui les magnifie.
Une sorte d'oeil intérieur répond sans cesse à celui que je laisse traîner sur toute chose spécialement quand je roule en mono par la ville et que je risque à tout moment de me vautrer parce que j'ai le nez en l'air.
Toutes ces choses je les capte, et ma mémoire les transforme; les façonne, les idéalise.  Les silhouettes aperçues et aimées deviennent personnages de fiction. J'aime glaner les prénoms rares, puis leur donner d'autres corps, d'autres sentiments.

Mais parfois la réalité a des splendeurs, pas toujours franchement apparentes qui m'arrêtent dans ma course.
Ne lasse pas de faire courir ton regard sur tout ce qui t'interroge, et t'appelle.
       
Par lewlotte - Publié dans : ourselves - Communauté : Relations amoureuses
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