Quel a été mon plaisir de vous retrouver tous et toutes hier soir les amis, c'est que
je commence à avoir mes petites habitudes en ces lieux, et qu'ils peuvent maintenant me manquer cruellement quand je viens à m'absenter...Mais vous le savez peut-être, cet automne a amorcé pour moi le début d'un rythme de vie nouveau, un changement radical d'orientation professionnelle et ce grâce à Ethel, la fille d'Andrew, qui est vraiment comme une soeur pour moi malgré de longues années de dialogue difficile après la mort de son père. Elle m'a poussé dans cette place et je ne veux absolument pas la décevoir.
Bien entendu, c'est un tout autre univers que celui de la danse ou de la traduction, tout de même plus lucratif et soumis à une pression que je redoutais mais qui en fin de compte me plaît assez. D'autant que j'ai retrouvé un bon sommeil nocturne; ça peut paraître paradoxal, mais j'en étais sans doute arrivé au point où l'adrénaline de la scène ne me suffisait plus, ou n'était pas la réponse à mon agitation intérieure. Il me fallait des objectifs nets et de vrais "coups de fouet".
Seulement, avec le sommeil et les rêves sont revenus aussi de petits incidents que je n'avais plus connus depuis la pré-adolescence et que vous autres français dénommez très vilainement "pollutions nocturnes".
Oui, cela m'arrivait très fréquemment quand j'étais plus petit et il a fallu qu'on m'apprenne à en avoir honte, car c'était plutôt pour moi une surprise voluptueuse que de m'éveiller ainsi inondé de plaisir inconscient, je sentais mon corps à la fois tout assoupli et vibrant à rechercher ce qui avait pu dans mon esprit amener mon corps à ce débordement fabuleux. Je découvrais ainsi , pris de vertige, la très grande puissance de l'imagination (bien plus puissante souvent qu'un corps de mec blasé, si joli fût-il)
Le plus étonnant, c'était que bien souvent, je n'avais pas le souvenir de m'être trouvé en rêve dans des situations particulièrement hot, j'étais plutôt du genre à faire des bras d'honneur aux sirènes de Peter Pan ( faut dire qu'elles sont particulièrement pétasses) et à n'accepter les services des fées que pour me relooker à mon goût qui n'était pas celui de ma mère :p
Mais si apparaissait dans mes rêves (et ce fut récurrent) le lutin Erroll, là c'était imparable. J'aurais au matin droit à ma marée favorite; sans les cris des goélands toutefois (juste ceux de ma mère).
Erroll n'était pas particulièrement beau, et dans les premiers rêves il ne me faisait rien de particulier; à part tourner en bourrique et courir après lui dans des endroits souvent très escarpés. Tout petit, il avait dans la plupart des versions des yeux ultra clairs et proéminents, une coupe hérissonnesque sous son bonnet rouge et de fabuleuses lèvres colorées et charnues dont il ne s'est pas uniquement servi pour se bâffrer de magnums au chocolat blanc ...
Je crois qu'il ressemblait un peu à un tout petit mec de ma classe de primaire à huit ans, que la nature n'avait pas franchement gâté mais qui était en mouvement perpétuel (bien pire que moi), qui me faisait rire aux larmes, et que moi, j'aurais certainement voulu gâter si déjà j'avais été conscient de certaines choses.
Car oui, ma petite joie nocturne a reparu, et sans crainte des réactions de maman au réveil; mais Erroll n'était plus de la fête...
PS: Blogopotes, à propos, si vous ne le connaissez pas encore, allez vous régaler aux récits de Jérémie-Pribislav , le gay qui raconte ses rêves, et qui me scotche presque quotidiennement!
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