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Le temps de l'amitié

Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 13:58

Ici, nous n’avons pas peur de marcher serrés l’un contre l’autre, dans la rue. Bien sûr, nous avons croisé deux ou trois regards hostiles ;mais très peu en fin de compte, c’est plutôt de la curiosité et qui sait, une pointe d’envie… Lorsque, de cette façon,  j’avance en sentant la caresse de ses flancs chauds à mes côtés, j’ai l’impression que quelque chose s’est accompli en moi, et j’aimerais le vivre davantage au cœur du monde, sincèrement. A Lille, nous nous dissimulons. Jamais je n’ai embrassé Lew à l’extérieur, en public, pourtant j’en meurs d’envie. Les couples hétéro ont bien le droit, eux, d’afficher leur bonheur, partout. Nous avons des lieux « réservés ». C’est odieux mais il n’y a pas d’autre choix.

 

Tu ne me croiras sans doute pas, mais c’est Sebasto qui nous a indiqué les bonnes adresses gays de la ville. Lui qui fait tant « latin lover », il s’est laissé tenter dans sa jeunesse, et n’en garde pas un si mauvais souvenir que cela… Quand j’étais gamin je le trouvais hautain, je me méfiais de lui ; nous n’avons jamais réellement pu communiquer. Mais la présence de Lew semble l’inspirer ; il va falloir que je me méfie. Pas seulement de Sebasto, d’ailleurs ; Lew est tellement expansif et il danse si divinement bien qu’il fait déjà sensation ici, la « movida » de Barcelone convient parfaitement bien, tu t’en doutes, à son tempérament volcanique. Peut-être devrions-nous nous installer dans une ville comme celle-là.

 

Mais ce serait t’abandonner, Charlotte et nous ne pouvons plus nous passer de toi. Lew m’a fait jurer de ne pas t’en parler, mais je n’y tiens plus. Nous avons consacré l’après-midi d’hier à la recherche de ton cadeau de Noël. Lew avait une idée bien précise, de cette précision surprenante qu’il a parfois quand il lui prend d’être extrêmement sérieux. S’il n’était pas aussi craquant, je pense qu’il se serait fait étrangler par une coalition de vendeuses espagnoles. Enfin, nous y sommes et à mon avis tu ne seras pas déçue. Mais j’en ai trop dit …Débrouille-toi, si tu morfles d’impatience, tant mieux, ce sera encore meilleur de se retrouver. Et ainsi soudés, nous pourrons affronter ce qui nous attend en Janvier, juste après la rentrée.

 

Papa et Annabelle veulent absolument que nous allions dîner chez eux, tous les trois. J’avais l’intention de préparer un plan de bataille, mais Lew s’y refuse, pensant que nous devrons aviser sur place, et donner une image authentique et spontanée de « notre ménage ». Pour autant, j’estime que tu dois être prévenue afin de fourbir tes armes. Papa continue à me « financer » et assure plutôt bien le lien avec ton père ; donc nous ne pouvons absolument pas nous défiler. D’ailleurs, ce ne serait pas très convenable. Mais je ne te cache pas que cette perspective , d’aller à nouveau affronter les préjugés de nos familles et la perfidie d’Annabelle gâche un peu mon bien-être présent.

 Sans doute suis-je un peu trop tourmenté à cette idée…

Quoiqu’il en soit, Charlotte, profite bien de tes heures de liberté, et embrasse Aurélia avec toute l’affection et le respect que j’ai pour elle.

 

A très, très bientôt ;

 

Alex.

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'amitié - Communauté : Alexis hayden
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 17:22

Barcelone, 27 Décembre 2003

 

Joyeux Noël, vagabonde !

 

Comment vais-je m’y prendre pour ne pas faire allusion à la douceur des nuits de Barcelone quand vous gelez à   –10 °C dans l’avesnois ? Je sais que tu vas me détester ; mais aussi que tu es vaccinée depuis longtemps contre mon épouvantable caractère ;alors pardonne-moi ce énième plaisir sadique. Je t’écris assis sur le balcon, en tee-shirt, il est exactement quinze heures trente. Sebasto fait une sieste prolongée ; Lew donne un cours de flamenco  à maman dans la cuisine alors qu’ils devaient faire des crêpes ; et moi je m’étais promis de passer ce petit moment avec toi.

 

Je n’ai pas eu l’occasion de te parler beaucoup, depuis que tu as posé tes bagages chez Lew, ni de te demander vraiment si tu te sentais bien. Nous avons surtout essayé de montrer à tes « parents » et aux « miens » que cette cohabitation n’allait pas « te détraquer » (ce sont les mots de mon propre père, pour te donner le ton…) ; pour l’heure ils semblent satisfaits. En particulier au vu de ton bulletin et des remontées amorcées à la fin Novembre. C’est la seule chose dont ton père ait daigné me parler lorsque je l’ai vu à l’hôpital, trois heures avant que Lew et moi ne prenions l’avion. A quoi ça tient tout de même… A côté de ça, je n’ai même pas eu droit au moindre souhait pour ce Noël ; est-ce bien raisonnable d’offrir des vœux chrétiens à des renégats, des pédés comme nous ?

 

Mais je m’emporte, moi qui ne voulais surtout pas créer ce climat de rancœur autour de toi. Ce qui me console, c’est d’avoir l’impression qu’en dépit de leurs remarques, ces dernières semaines t’ont épanouie. Merci d’être ainsi discrète et souriante malgré la promiscuité à laquelle nous sommes amenés, merci surtout de prendre enfin soin de toi et toujours soin de nous, lorsque nous rentrons tard et trouvons toutes choses prêtes et ordonnées. Tu as vraiment changé comme ça, toi, Charlotte ?

Au départ, je craignais que ta présence ne finisse par agacer Lew, et que moi aussi, après tout, je puisse te trouver « de trop » ; immature, brouillonne, envahissante. Je peux te dire tout ça, maintenant ; puisque j’ai évoqué avec Lew la possibilité que tu retournes chez ton père en Janvier ; et qu’il a protesté énergiquement contre tous ces qualificatifs.

 

Malgré tout, l’ impression que j’ai, qui me réconforte, est-ce la réalité ? Te voilà obligée, par un concours de circonstances éprouvant, d’être au plus près témoin d’une union forte, mais diffamée de toute parts, et mise au ban de la société respectable, à l’aube d’un siècle qui se voulait évolué… Je n’accepte pas les critiques de papa mais je peux admettre que ce soit perturbant pour toi qui as encore à te construire, affectivement. Nous pouvons être précautionneux, attentifs, mais nous ne pouvons pas faire taire les voix haineuses et insultantes autour de nous. Et que peux-tu penser, toi, au bout du compte, de ceux qui font l’objet d’une hargne, d’une médisance si répandue ? Combien de temps supporteras-tu encore, toi, de partager notre quotidien de réprouvés? Je sais bien ce que tu vas me répondre, je connais ta gentillesse, nous sommes amis depuis si longtemps, maintenant, que beaucoup nous appellent cousins. Pour ma part j’en suis flatté.

 

Maman elle aussi m’a réconcilié avec le genre féminin, elle nous a accueillis à bras ouverts ; Lew l’adore et c’est réciproque. Mais par-dessus tout, elle m’a dit le 24 au soir qu’elle était fière, terriblement fière de moi. J’étais un peu dubitatif, je lui ai demandé dans quel domaine. Elle m’a répondu « Tous. Mais plus particulièrement de l’homme que tu es devenu. » Alors là, j’ai véritablement cru qu’elle se foutait de moi ; pourtant elle tremblait d’émotion, elle était toute rouge. Pendant la nuit, j’en ai reparlé à Lew, je lui ai confié mon étonnement et il s’est, lui , un peu moqué de moi.

«  Al, qu’est-ce qui, à ton avis, peut apporter à quelqu’un la maturité sentimentale ?

Je ne sais pas…L’expérience de l’amour, peut-être ?

-  Tout simplement. »

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'amitié - Communauté : Alexis hayden
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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 10:16

Le mercredi s’est écoulé, puis le jeudi, avec sa répétition. J’ai joué avec Thierry, cette fois encore Simon était absent. Le Vendredi, je suis allée en cours avec Sol, une journée banale et ennuyeuse jusqu’à ce que je repasse le seuil de chez Lewis. J’ai grignoté des gâteaux, je me suis installée à mon bureau pour bosser l’Histoire quand on a sonné à la porte. C’étaient Thierry et Sol, avec un gros carton de pâtisserie. Ils ont pris leur goûter avant de s’asseoir au piano. « Lew nous le prête, a précisé Thierry, parce que le mien est une vraie casserole. Alors un demi-queue comme celui-là, ça ne se refuse pas ! » Il avait amené une partition, la sienne, une de ses compositions, et Sol avait un texte. Elle s’est mise à chanter. Un texte magnifique :

 

  

Les chères mains qui furent miennes,
    Toutes petites, toutes belles,
    Après ces méprises mortelles
    Et toutes ces choses païennes,

 

«  C’est du Verlaine, m’a-t-il appris, un poème composé lors de son emprisonnement, après avoir tiré au revolver  sur Rimbaud, et adressé je crois à sa femme »

Je ne savais pas que Sol avait la voix si belle. Pleine et vibrante. Et Thierry jouait avec délices sur le clavier brillant. « Un pur bonheur, cet instrument. Lew en prend un soin maniaque. » Ils ont repris, sur la mélodie grave et insistante née de Thierry.

 

Après les rades et les grèves,
    Et les pays et les provinces,
    Royales mieux qu'au temps des princes
    Les chères mains m'ouvrent les rêves.

 

Sol chantait, la main posée sur son ventre qui commençait à s’arrondir. « Ca résonne, là-dedans, m’a-t-elle confié, j’espère qu’il aime. Qu’il aimera tout ce qui est accordé. Qu’il ouvrira l’oreille à l’harmonie du monde, avec la nostalgie de l’innocence. »

Peu de temps après, Lewis est revenu. A la manière des Sioux, il s’est glissé par la porte du salon, en me faisant signe, le doigt sur la bouche. Sol terminait la première strophe, pour la sixième fois. Thierry s’appliquait. Tous deux étaient plus que jamais absorbés par la musique des notes et de cette langue unique, celle du repentir , de l’aspiration à une plénitude perdue. Il  m’a prise par l’épaule et nous les avons écoutés, un petit moment encore. Parfois, il penchait sa tête vers moi et resserrait la pression de ses doigts. Je ne sais pas ce qu’il voulait me dire. Si c’était beau, s’il avait lui aussi le regret d’un temps lointain. S’il voulait qu’on soit en paix, et qu’on porte nos souhaits vers l’avenir. Si c’était Alex mon passé, notre présent et son avenir. Al, son avenir. C’est le nom qu’il lui donne, délicieusement court et contracté. La seule syllabe sur laquelle la voix de Lewis dérape, Al, qui contient tous les espoirs et toutes les explosions de joie. Un tout petit nom, un très grand ami, un très grand amour, malgré son air hésitant, son port de tête qui dodeline, la peau fraîche de ses joues qui rougit. Pour une fois Lew se tait, le bonheur et l’amour lui offrent un espace qu’il n’a pas besoin de conquérir. Il peut s’abandonner.

 

Mon Alex lui aussi a changé, depuis qu’il vit là dans la confiance et le plaisir. Je dirai presque qu’il est devenu plus masculin. Son regard noir s’est alourdi de tendresse ,  sa voix est descendue dans la gravité douce, ses gestes sont plus assurés, prévenants, protecteurs.

 

Ment-elle, ma vision chaste
    D'affinité spirituelle,
    De complicité maternelle,
    D'affection étroite et vaste ?

 

Au bout d’un moment tout de même, Lewis finit par se manifester ; il chine Thierry, mais avec Sol il est, disons, plus craintif, saisi d’étonnement et de précaution devant la petite vie qui se développe en elle. Lorsqu’il s’assied au piano, parce qu’après tout ce travail Thierry a bien besoin d’un gâteau, l’un de ses bras s’enroule très lâche et retombant autour de la taille de Sol, il examine la partition. 


« C’est pas mal pensé, tout compte fait ! lance-t-il à Thierry

Essaie de la jouer, toi… »

Lewis ne peut s’empêcher de jouer à son idée, de rajouter des notes, d’accélérer le tempo, de laisser retomber ses doigts, d’appuyer comme un malade sur les touches. Il joue au piano comme il joue au théâtre, comme il danse ; d’instinct ou du moins c’est ce qu’on pourrait croire. Il lance à Sol un coup d’œil de défi, mais elle hausse les épaules.

« Comment veux-tu que je chante sur le rythme que tu mènes ? Ca n’est pas une tarentelle, Lew !

-   Une invocation calme, une fois les transes et les tumultes traversés, fait Thierry, la bouche pleine. Je pourrais cependant garder quelques-uns de tes petits « arrangements » pour une montée en puissance, dans la toute dernière strophe.

-   Je n’ai pas encore liquidé mes transes, répond Lewis. Qui sait d’ailleurs si j’en ai vraiment envie ? J’aime toujours quand il y a de la vraie passion échevelée dans l’exécution d’un morceau.

-    Oui mais là, Lew, intervient Sol, le poète aspire au retour de la « complicité maternelle ». C’est forcément quelque chose d’apaisé, même s’il y a de la nostalgie, et de la douleur.

-    Ah oui, sourit-il, de la complicité maternelle. Tu es bien placée pour passer l’étape, et moi j’en suis encore loin…

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'amitié - Communauté : Relations amoureuses
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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 21:30

26 Novembre 2003

 

Cela fait une semaine que je vis avec eux. C’est étrange, et grisant, cette nouvelle existence. Je ne vois pas le temps passer. Avec Alex, nous avons rencontré papa en ville, le jeudi qui a suivi mon installation chez Lewis. Je ne voulais pas rester, au départ ; mais curieusement j’ai senti que tous deux avaient envie de me garder. Alex craignait que je ne retrouve Isabelle et l’oppression intenable de la maison. Clément a proposé que je vive chez lui, au grenier, mais là, son fils a réagi violemment en disant que je n’avais pas échappé à Isabelle pour me retrouver sous la surveillance d’Annabelle. Papa aurait légalement le droit d’exiger mon retour, mais il ne le fait pas. Comme pour le soir où, il y a neuf ans, j’ai fui avec ma mère, il accepte. Mais dans le resto où nous nous sommes rencontrés jeudi, il a failli pleurer.

 

Lewis a débarrassé le bureau, dans la chambre que j’occupe au fond du couloir. C’était la sienne, lorsque sa mère et son second beau-père vivaient encore avec lui. Une pièce carrée, blanche comme le salon, il y flotte toujours un drôle de parfum, de banane et d’amande amère. Elle donne sur la rue, avec son petit balcon. Conformément aux exigences de Lewis qui ne veut pas de fumée à l’intérieur, nous y avons pris notre cigarette du soir avec Alex. Et d’un coup, un plafond voûté de petites ampoules s’est illuminé entre les immeubles. Les gens dans la rue s’écriaient, émerveillés « Déjà Noël ! ». « Mais non , répondait Alex à mi-voix en soufflant sa fumée, c’est pour Charlotte. »

 

J’étais ravie de dormir au chaud, sous l’édredon de Lew ,mais le sommeil paisible s’est encore dérobé à moi et il était plus de minuit que je m’agitais encore, encore confuse et effarée. J’avais soif, je me suis levée, et j’ai traversé le couloir pour me rendre à la cuisine. L’autre chambre est en face de la mienne, à côté de la salle de bains. La porte en était grande ouverte, et le croissant de lune candide, gigantesque, brillait à travers les volets croisés,  partout sur les murs, les meubles et le lit vide. En gagnant la cuisine, du côté rue, je suis passée devant un escalier. Où montait-il ? J’ai attrapé une bouteille dans le frigo, et , n’y tenant plus, je suis retournée à l’escalier, entre les deux murs, et j’ai monté quelques marches. Juste pour voir l’ouverture carrée au-dessus de ma tête, le plafond de la pièce qui devait être immense avec, au bord,   un bout de verrière, comme dans les ateliers de peintre perchés sur les toits. Au-dessus enfin , le ciel indigo et mauve, tout parsemé de constellations scintillantes.

 

Leurs soupirs mélangés sont descendus jusqu’à moi, et m’ont recouverte d’un voile. Ils n’avaient plus les mêmes voix, l’un et l’autre. Je crois qu’ils se parlaient en anglais, avec le dernier de leur souffle. Il y avait des  frottement prolongés, qui couraient le long de mon plafond, ou de leur sol, des bruits d’oreiller écrasés, de gémissements amortis, un enroulement langoureux et à nouveau la source palpitante et libérée coulant entre leurs deux bouches. J’étais tétanisée, j’avais le corps en fusion, incapable du moindre mouvement, les oreilles grandes ouvertes et recueillant à l’infini ces frictions de chair embrasée. C’était peut-être la fin, peut-être ont-ils senti que j’étais là. Lorsque tout m’a semblé immobile, j’ai regagné ma chambre, à pas de loups, et j’ai sombré dans l’océan des rêves.

 

Le lendemain, Lewis m’a réveillée en frappant à la porte. «  Le petit déjeuner est servi. En haut. » J’ai pu gravir l’escalier mystérieux jusqu’au bout, monter dans la pièce inondée d’aurore rougeoyante. Le lit, un matelas posé par terre, avec ses couettes empilées était fait. A gauche, Alex rassemblait ses dossiers et pliait son portable sur le bureau improvisé, une très large planche et des tréteaux. Devant le mur vitré, qui s’ouvrait sur les toits se dressait le télescope, la lunette levée vers les cieux. Assis sur un coussin de tapissier, Lewis remplissait les tasses. Tous deux avaient les cheveux mouillés, dans le visage, les vêtements frais ;ils sentaient bon. «  Je t’ai récupéré un bloc-notes, pour ce matin, s’affairait Alex, on ira chercher tes affaires après le déjeuner. Isabelle s’arrangera pour ne pas être là… 

-Quelle chance ! » a fait Lewis en me tendant ma tasse, puis mon croissant. J’ai tout dévoré, englouti. Lewis se faisait masser la nuque, en buvant son thé à petites gorgées.

«  Je parie que tu n’as pas prêté attention au cadre, à côté du bureau d’Al »

Un grand cadre, avec une photo en noir et blanc. Jean Mermoz au pied d’un Breguet 14, à Cap Juby, souriant et prodigieusement beau.

«  Eh oui, a triomphé Lewis, les dieux d’Al eux aussi ont élu domicile dans cet appartement. »

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'amitié - Communauté : Alexis hayden
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