Présentation

Créer un Blog

Musical thoughts

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Friends

itsogay

Recherche

Visites

Lilloperaneige.jpg

How many times...

Entrez sans frapper!

Recommander

En passant...

Syndication

  • Flux RSS des articles

Derniers Commentaires

Le temps de l'enfance

Vendredi 31 juillet 2009 5 31 /07 /2009 08:34


Tu te souciais, Manon, d' Alex ton nouveau "petit" frère, resté seul à Lille pour y travailler alors que Lew se dorait sur les plages de Lacanau en notre compagnie.
Et ce,très peu de temps après son retour de Londres; il avait très vite manifesté son désir de ne pas rester à Lille.

Mais non, Lew n'est pas égoïste. Peut-être imaginez-vous déjà, après quelques mois de blog, combien leurs caractères à l'un et à l'autre sont épouvantables...
Et puis, autant Lew a besoin de se jeter dans le tourbillon des relations humaines, très superficielles parfois, autant Alex est un studieux solitaire que les "mondanités" saoûlent au bout de quelques heures...

Il a toujours été comme ça ton frérot, Manon, du genre même à déclarer d'un ton très enjoué dans le salon de l'appart Lillois "Je me lève aux aurores demain, et puis cette conversation m'ennuie; alors vous ne m'en voudrez pas si je vais me coucher..."
Ah, tout de suite ça jette un froid, surtout pour les invités. Il faut connaître...

Il aura beau vouloir, éducation+ Lew oblige, se comporter en gentleman, sa patience lui joue des tours quand elle est mise à trop rude épreuve par des importuns...ou des importunes!
Le mois de Juillet, quand j'étais petite, comportait toujours ces deux semaines passées à Haut-Lieu, dans la maison de campagne de Clément.
On y recevait souvent du monde, comme si la belle société lilloise libérée des contraintes du boulot n'avait rien de plus pressé que de se reformer à la campagne.

Le notaire de Clément avait une paire de jumelles (des filles) qui avaient l'âge de Stéphanie ma soeur et par conséquent d'Alex.
Nous devions après déjeuner occuper comme il se devait ces demoiselles; Alex ayant à coeur de se comporter avec toute la courtoisie de "fils du maître des lieux" même si la perspective de sacrifier une après-midi de lecture , d'observations de la faune ou de bricolage à ces "dindasses" le motivait à peu près autant qu'une séance chez l'orthodontiste.

Moi, je ne les connaissais pas; mais la rapidité avec laquelle elles se sont trouvées quantité de points communs et d'affinités avec Stéphanie m'ont fait craindre le pire... Dès le déjeuner d'ailleurs, je le sentais supérieurement agacé par leurs minauderies et gloussements de bonnes citadines, mais comme dirait Lew et pas seulement lui d'ailleurs: "Keep a stiff upper lip"...

La visite bruyante et fort peu discrète des étages s'est poursuivie par une partie de cache-cache initiée par ma chère soeur. Bien entendu , mon ami s'est aussitôt retrouvé affublé du rôle de satyre de service et le coup d'oeil que nous avons alors échangé en disait long . Jusqu'à quelle heure le tourment imposé par la bienséance familiale s'éterniserait-il?
Jusqu'à ce que la fragile limite soit atteinte.

Les dindasses ne savent ni se dissimuler corecctement, ni réfréner leurs stupides bruits de gorges ou battements d'ailes atrophiées. Le relais fut vite pris par une belle tenante de la basse-cour qui s'est précipitée partout dans les chambres comme si on l'avait aspergée de gaz lacrymogène, et dans ses improductifs brassements d'air elle a commis la très lourde erreur de faire tomber le téléscope d'Alex.
Ouh là là...Casus Belli???

J'eus aussitôt dans l'idée de me réfugier très lâchement au jardin où les parents se servaient leur énième pousse-café, mais je n'en ai pas eu le temps. Mimant fort bien la plus haute contrariété, Alex s'est précipité sur le précieux objet, qu'il a pris sous son bras avant de s'enfermer au grenier pour le reste de l'après-midi.
En réalité, il n'y eut aucune casse véritable, mais c'était là un excellent prétexte pour laisser tout en plan et ne réapparaître qu'après l'envol des disgracieux volatiles...

Car Alex a tout de même beaucoup de chance. Son père a toujours considéré ses
sautes d'humeur comme chose sacrée et jusqu'à son coming-out s'est fait une règle d'or de contrarier son fiston le moins possible.
J'ai donc été la victime des dernières heures; la petite qui ne comprend rien à rien et dont on se fout ouvertement car sur bien des choses cruciales dans la vie d'une jeune demoiselle, elle est d'une naïveté consternante!


Lui n'a même pas daigné réapparaître lorsqu'on a servi les glaces dehors, c'est vous dire...

Quelques heures plus tard,  nous nous sommes retrouvés au jardin à nous empiffrer des restes et à ricaner tout aussi bêtement que nos indésirables invitées.

" Il devrait y avoir un Dieu pour empêcher les honnêtes personnes de se retrouver dans des situations pareilles!" ai-je alors dit, tout de même soulagée que ce fut fini. Dernièrement il m'a rappelé ce très existentiel cri du coeur sans se souvenir pourtant de sa réponse.
" Moi je n'ai pas vraiment besoin d'un dieu, juste un super-anti-filles-chiantes pour balayer tout ça quand on en a envie..."
D'un revers de cape? Et bien malgré la suite des événements, ce surhomme n'a toujours pas été trouvé, mon vieux!

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'enfance - Communauté : trop dure la vie....
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Dimanche 28 juin 2009 7 28 /06 /2009 16:02


Pourtant, je la sentais maintenant impatiente. Pourquoi est-ce qu’on n’arrivait pas ? Et là, j’ai bien compris que ce n’était pas pour moi qu’elle faisait ce voyage, sinon pourquoi est-ce qu’elle aurait été si impatiente et pourquoi est-ce qu’elle aurait voulu écourter ce moment, notre moment à tous les deux ? Tout de suite, j’ai pensé «  pour un bonhomme » ; je me suis senti trahi et je lui ai demandé un peu brusquement qui l’attendait là-bas.
Alors là, elle s’est mise à pleurer, pleurer tellement que j’ai vraiment paniqué. C’est moi qui la mettais dans cet état avec mes questions idiotes ! Je l’ai serrée contre moi très très fort ; mais ça vaut pas l’étreinte d’un homme adulte. Pour elle. Maintenant je le sais.

 

Le train a fini par repartir, puis l’aube est arrivée, dans une lumière crado-brouillée, rien à voir avec le soleil doré de la veille. Quand le train a ralenti une dernière fois, j’ai eu terriblement envie de vomir –mais je me suis retenu- à l’idée de ce qui nous attendait sur le quai. Un mec qui à lui seul avait fait tout voler en éclats, tout ce que nous avions construit patiemment pendant dix ans, même plus pour papa. Il devait être super beau, ou super fort pour avoir provoqué un truc comme ça, il n’était certainement pas fait de la même matière que nous. Il devait avoir sous la peau un espèce de « vibrateur » dont ni papa ni moi nous ne sommes équipés.

 

J’ai attendu ce dieu vivant sur le quai et en fait, c’est papa que j’ai vu. Il était blanc , son regard brillait si fort que je me suis senti imploser. Il ne la regardait pas, c’était moi qu’il regardait. Dans la lumière jaunâtre des lampadaires de la gare, il me paraissait si grand. Grand et humain ; plein de souffrance et terriblement lié à moi. Lié sans faille.
Je me suis jeté dans ses bras ; nous avons décidé de repartir ensemble.

 

Tout cette histoire a été extrêmement dure à vivre ; maintenant je ne serai plus jamais tout à fait tranquille. D’abord je ne sais pas comment je réagirai lorsque papa rencontrera quelqu’un à son tour, ce qui arrivera sûrement et sans doute rapidement.
Mais plus que tout, j’espère qu’un jour je pourrai  aimer quelqu’un sans avoir peur qu’il me quitte. Et ça c’est pas gagné, Charlotte.

J’aimerais vraiment que tu m’écrives pour me dire ce que tu penses de tout ça. Je sais que pour toi ça fait très mal d’être loin, que tu te sens « rejetée du cercle de Lille » (c’est Aurélia qui a dit ça). Mais dis-toi que je ne suis pas d’accord avec eux et que j’ai envie de te revoir, de n’importe quelle façon. Ne me laisse pas sans réponse.

Et prends bien soin de toi.

 

C’est comme ça qu’on dit, je crois ?

 

Bisous

Alex

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'enfance - Communauté : Relations amoureuses
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /2009 19:42


Quand nous sommes arrivés à la gare, j’ai eu l’impression que les billets étaient réservés d’avance, ça allait si vite, c’était tellement bien huilé… Et toujours, maman me demandait ce que je voulais ; ce qui me ferait plaisir de boire ou de manger, mais j’avais l’estomac noué. J’étais incapable de me réjouir avec elle et je me sentais coupable de ne pas partager sa joie à cause de mes soupçons débiles. J’ai fini par me blottir contre elle car c’était le seul moyen de me calmer. Et elle continuait de me vanter Barcelone, notre destination, à me dire combien nous nous amuserions là-bas. Au fond, je n’avais pas forcément besoin de partir ce week-end là, mais j’étais heureux de l’avoir contre moi, pour moi seul dans ce compartiment.

Les gares défilaient, toujours plus au Sud, et j’étais juste avec maman et le balancement régulier du train. Par la fenêtre, le ciel et la campagne étaient tout dorés, les lumières du soir s’allumaient une à une, Montauban, Toulouse, Perpignan…

  Maman n’imaginait pas qu’il rentrerait plus tôt que prévu. A cause de mauvaises conditions météo qui ne permettaient pas de voler ? Ou par remords envers moi ? Je ne sais toujours pas…
Lorsqu’il est arrivé dans le salon tout vide, un poids immense lui est tombé sur le cœur et il a eu peur. C’était avant même de prendre l’enveloppe cachetée sur la table du salon.
Elle lui annonçait qu’elle était partie pour de bon à Barcelone, qu’elle s’installerait là-bas et que j’étais avec elle.

Jamais dans sa vie, il me l’a dit, papa n’a eu mal comme ça. L’abandon, m’a-t-il dit, c’est d’abord un vertige absolu, comme si autour de soi, le décor, les objets, tout s’écroulait dans un gouffre sans fond. Il était sans repère, sans ressource, sans secours.

  


Alors, il s’est jeté dans sa voiture et il a roulé, roulé, sans s’arrêter, toute la nuit. Jusqu’à nous. Maman lui avait laissé une adresse à Barcelone mais il s’est dit qu’il pourrait sans doute nous rattraper avant qu’on mette le pied dans « le périmètre de Sebasto » . C’était une idée tout à fait folle et c’était peu probable qu’il nous mette la main dessus de cette manière, avant qu’on s’enfonce dans la grande ville ; mais la vie est bizarre. Les évènements lui ont donné raison. 
Notre train est resté bloqué plusieurs heures après la frontière. Il transportait un détenu en fuite qui s’est évaporé dans la nature. Moi, j’étais toujours contre maman, heureux que cette nuit curieuse se soit formée autour de nous deux dans le compartiment, et que le mec se soit enfui.

 

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'enfance - Communauté : Pensées Nocturnes
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009 4 25 /06 /2009 17:32


21 mai 1996

 

Ma Charlotte,

 

J’ai appris que tu avais eu de sérieux ennuis de santé. En fait, ça fait longtemps que je le sais, trois mois peut-être ; mais il s’est passé beaucoup de choses dernièrement à la maison. Je suis désolé ; j’ai essayé de prendre de tes nouvelles aussi souvent que possible. Mais les autres ne savent rien, comme si vous étiez partis à des milliers de kilomètres. Tout le monde est gêné lorsque je parle de vous deux, et s’empresse de changer de sujet.

 

Peut-être qu’ils sont tous encore sous le choc, après tout. Moi, j’ai du mal à t’oublier, agrippée au flanc de ta maman qui voulait partir et que toi, tu ne voulais plus lâcher. Et j’étais là, au milieu des autres, comme un con, sans pouvoir t’aider, à te regarder t’éloigner avec elle.

 

Eh ben ça y est, maman elle aussi elle est partie. A Barcelone, avec un architecte qui s’appelle Sebasto. L’histoire durait depuis un bout de temps, mais ni papa ni moi n’en savions rien.
Ca s’est passé samedi dernier. Papa est parti en avion avec des copains. D’habitude, maman ne voyait pas ces virées d’un très bon œil, mais comme il avait eu dans la semaine une série de cas très difficiles à débarquer dans le service ; elle l’a encouragé à se changer les idées. Et lui, il n’a rien vu venir…
J’étais furieux. Non seulement je devais aller au ciné avec lui et il me lâchait mais en plus il partait en avion sans moi !

 

Resté seul avec elle, je me suis calé devant la télé et j’ai commencé lui à faire ostensiblement la gueule, à lui répondre par des grognements, enfin tu vois le genre…
Et c’est là qu’elle m’a proposé d’aller passer le week-end en Espagne, tous les deux ! Elle m’a parlé de Barcelone, une ville magnifique et festive, bien plus que Lille, de l’ambiance de l’architecture, des fêtes, et tout…C’était bizarre. Tellement attirant, comme si elle était tombée amoureuse de cet endroit. Alors elle a commencé à faire nos bagages et comme je lui demandais ce que papa en penserait elle m’a dit : « Ne t’inquiète pas, on lui laisse un mot ! »

Par lewlotte - Publié dans : Le temps de l'enfance - Communauté : Hétéro-friendly
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés